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 Destination Morgue (Erik Lehnsherr)

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Marvel Temporus
MessageSujet: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Ven 6 Jan - 21:16

Article du tabloïd a scandale « L'Indiscret »

Notre rubrique cavalcade criminelle change de braquet avec sa lettre ouverte aux servies de police de New York, le NYPD.

Cher NYPD, Récemment 3 natifs de Brooklyn ont été retrouvés étranglés et mutilés  dans des maisons abandonnées de la zone de Brownsville, en plein cœur des lieux désœuvrés de Brooklyn. Très INDISCRET, on s'est laissé dire que le tueur qui court toujours leur avait mit le visage en feu au moyen de colles à maquettes. Voici les 3 victimes : 1) David Manschiewitz, boutiquier. D'origine tchèque. A obtenu un permis de travail et de résidence aux USA après en avoir fait la demande. Ancien détenu dans le camp de concentration de Mathausen, il avait souhaité quitter l'Europe après avoir survécu à la guerre. 2) Abraham « Abe » Teitlebaum, propriétaire du traiteur : « Au casse graine d'Abe », d'origine allemande. Sa famille avait obtenu la naturalisation américaine après avoir fuit Breslau et les persécutions anti-juives en 1934. 3) Cohen Rothstein, d'origine ukrainienne. Sa famille faisait partie de la vague d'immigrés passé par Ellis Island en 1893. Cohen était connu de notre ville, pour être à la fois le directeur du club d'échec de Manhattan, et le fils du notable Ellis Rothstein, rabbin de la synagogue de New Bethel Street à Brooklyn. La presse n'a accordé à ces meurtres sinistres qu'une attention très légères. Seul le New York Herald avec son souci du sang-sationnel, semble se préoccuper du fait que 3 citoyens de Brooklyn aient ainsi atteint à leur néfaste et nauséeux nadir. Il n'a pas été fait appel à la brigade criminelle du NYPD dans le cadre de l'enquête. Pour l'instant l'affaire est entre les mains de la brigade des patrouilles du poste de Brooklyn, confiée à la charge de deux inspecteur, pas un de plus. Vous les mecs à la coule, savez bien que ce qui fait l'enquête, c'est le pedigree de la victime. Plus il est gros, plus il la de jus. Et si 3 citoyens sans soucis se font frire la figure par un psychopathe renifleur de colle, ce n'est pas le chef des inspecteur du NYPD, qui va perdre son temps et son énergie à monter une enquête de grande envergure. Souvent il suffit d'un petit nom qui accroche l’œil et l'oreille pour attirer la conscience du public sur une sale affaire criminelle, créant ainsi la clameur nécessaire pour demander justice. En conséquence, l'INDISCRET baptise ce monstre meurtrier anonyme « Le Feu Follet Fou » et demande au NYPD de le retrouver avant de lui arranger un petit rancard bien brûlant dans la chambre à gaz de la prison de Sing-Sing. Là-bas on vous le cuisinera aux petits-oignons sur le gaz. Et ce tueur là c'est au moins 4 brûleurs qu'il mérite pour la bonne crame.

Ouvrez l'oeil, de nouveaux renseignements ne vont pas tarder sur le « Feu Follet Fou » et n'oubliez pas, c'est ici que vous l'avez lu en premier, ni vu ni connu, vite fait bien fait et trèèèès Indiscret.

…………………………

QG du SHIELD

Timothy avait foutu ses pieds sur sa table de travail. Visez un peu le bureau de l'agent Dugan : un espace de 4 mètres sur 4. Un râtelier à clé en laiton, une corbeille à papier pleine à ras bord. Une grande carte de New York s'étalait derrière lui, affichée au mur. Une étagère mal rangée, un tableau de liège sur lequel était épinglé plein de paperasse. Appelons ça l'antre de Dum Dum. Sur le seul mur libre de son bureau, il avait accroché sa collection de fusil comme un chasseur : un fusil à pompe Remington, un calibre 12, un calibre 10, un fusil Browning. Toute la panoplie du Dum Dum. Sur son bureau, une machine à écrire Rand McNeilly et des photos encadrés : lui et ses parents à Fenwick Park dans les années 20. Lui et les Howling Commandos debout tout sourire à la Maison Blanche, en rang derrière Roosevelt dans sa chaise roulante. Lui avec Captain America et Bucky. Lui prenant la pause entre Patton et Eisenhower, la medal of honor bien en évidence sur le veston. Première fois de toute sa vie qu'il avait un bureau à lui. Il ressentait ça comme un aboutissement. Un de ses collègues toqua à la vitre de la porte de son bureau. Il lui fit signe de venir.

Grand rassemblement dans la salle. Au moins une cinquantaine de personne au bas mots, personnel tout confondu, aussi bien agents de terrain que tâcherons. La salle de Briefing bourré jusqu'au plafond. L'un des cadres du SHIELD regardait sceptique le micro sur pied qu'on lui avait installé. Bâillements et palabres dans l'assistance. Qu'est-ce qu'on fout tous ici ? Le micro retentit :

« Comme vous ne l'ignorez pas, nous sommes une institution jeune, encore à ses débuts. Bien que nous soyons autonomes et indépendant, nous avons pour le moment besoin d'avoir pour alliés le département d'état et la municipalité new-yorkaise. Mais ils sont plutôt sceptiques, comme nous n'avons pas encore traités de menaces de grandes envergures. Il faut donc leur prouver notre efficacité et nos compétences. Aussi nous allons aider la municipalité de New York en soutenant ses forces de l'ordre pour les 3 prochains mois. A l'ordre du jour, les délits et crimes non-résolus. Nous avons formé des binômes d'investigations par tirage au sort. Vous serez tous affectés à une affaire différente. Bien, voici les équipes. Pour le secteur de Brooklyn nous avons : Nash avec Miller. Millard avec Lunceford, Davey avec McNeil, Bowen avec Carlsisle, Dugan avec Lehnsherr... »

Dugan quitta la salle, comme tous ceux qui partaient au fur et à mesure après avoir entendu leur affection avec un collègue. Il marcha entre les bureaux de la salle de revue. Tous les bleus étaient dans des box, à taper des rapports à la machine, en tapant sur les touches avec un seul doigt et en cherchant la bonne lettre. Il rejoignit l'attroupement des gens devant un panneau d'affichage. Un ponte distribuait des copies de dossier de police. Il en fourra un au hasard dans les mains de Dugan. Dum Dum regarda le nom de l'affaire qui avait été attribué à lui et son binôme : Le Feu Follet Fou.

« Quoi ? Voilà autre chose. Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Il profita que tout le monde était attroupé pour lancer :

« Est-ce que Lehnsherr est là ? Quelqu'un le connaît ? Quelqu'un l'a vu ? Quelqu'un peut me dire à quoi il ressemble ? »



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Marvel Temporus
MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Jeu 2 Fév - 13:00



Destination Morgue
Timothy ξ Erik

Je gronde et je marmonne dans ma barbe. Je n’aime pas que l’on me sorte des archives. Pas que j’éprouve un amour particulier envers les tas de papiers à classer et trier… Non, je n’ai aucun plaisir à effectuer cette tâche. Mais c’est un mal pour un bien. Je ne suis pas ici pour jouer les sages petits agents du SHIELD. Non, je suis là pour trouver d’éventuelle trace de l’opération Paperclip. Et s’il n’y a rien à trouver ici, il sera toujours temps d’aller fouiner dans une autre institution gouvernementale en utilisant mon expérience au sein du SHIELD comme un parachute doré pour me décrocher le job. De toute manière, ce n’est pas comme si les opportunités d’embauches manquaient dans cet après-guerre. Mais le fait est que j’aurais aimé que l’on oublie les archivistes qui ne sont pas sensé savoir se battre et enquêter pour nous laisser les locaux totalement vide, plutôt que de nous convoquer avec tous les autres. Je lance quelques regards à mes collègues qui n’ont pas l’air à l’aise au milieu de la foule d’agents. Je les comprends. Ils n’ont pas signés pour aller sur le terrain. Depuis notre sous-sol, il n’y a que les pile de papier et le pire qu’il puisse nous arriver s’est d’en faire tomber une et de devoir la trier à nouveau. Bien sûr, nous sommes formés au tir et à tout le reste, histoire d’être capable de défendre des documents importants en cas d’infiltration mais bon… On ne va pas dire que ce genre de choses arrive tous les jours. A vrai dire, ce n’est jamais arrivé jusqu’à présent. « Comme vous ne l'ignorez pas, nous sommes une institution jeune, encore à ses débuts. Bien que nous soyons autonomes et indépendant, nous avons pour le moment besoin d'avoir pour alliés le département d'état et la municipalité new-yorkaise. Mais ils sont plutôt sceptiques, comme nous n'avons pas encore traités de menaces de grandes envergures. Il faut donc leur prouver notre efficacité et nos compétences. Aussi nous allons aider la municipalité de New York en soutenant ses forces de l'ordre pour les 3 prochains mois. A l'ordre du jour, les délits et crimes non-résolus. Nous avons formé des binômes d'investigations par tirage au sort. Vous serez tous affectés à une affaire différente. Bien, voici les équipes. Pour le secteur de Brooklyn nous avons : Nash avec Miller. Millard avec Lunceford, Davey avec McNeil, Bowen avec Carlsisle, Dugan avec Lehnsherr... » Je lève les yeux au ciel. Vraiment ? On va faire le boulot des flics ? J’ai pas vraiment signé pour ça. Mais je suppose que c’est inévitable. Si on m’avait dit que, un jour, je ferais le travail de policier, j’aurais ri au nez de l’importun.

D’un pas lent et pas pressé du tout, je quitte le local avec ceux qui ont déjà reçu leurs attributions. Une tape amicale sur l’épaule me fait presque sursauter. Mon regard se pose sur Arthur, un collègue. Il me lance un regard plein d’empathie et je me force à lui lancer un sourire piteux bien que se voulant rassurant. Souviens-toi Erik, tu es sensé être quelqu’un de timide mais de volontaire. Le genre de personnes qui se fond dans le paysage dans une agence pareille, le genre de personne qu’on oublie facilement au final. Je rejoins l’attroupement, les mains dans les poches, calculant le temps que toute cette histoire va me faire perdre dans mes recherches. Trop. Beaucoup trop. J’espère que j’ai été attribué à un bleu… Cela me laisserait plus libre de mes mouvements. Et si nécessaire, je pourrais même l’abattre et mettre ça sur le compte d’un quelconque criminel. Il sera facile de demander ma réhabilitation aux archives après cela. « Est-ce que Lehnsherr est là ? Quelqu'un le connaît ? Quelqu'un l'a vu ? Quelqu'un peut me dire à quoi il ressemble ? » A l’entente de mon nom, j’arrête de fixer le gars qui distribue des dossiers à qui veut bien en prendre et je cherche la personne qui m’a appelé. Il y a de l’autorité naturelle qui s’échappe de cette voix. Probablement pas un bleu du coup. Dommage. « Je suis là ! » Perdu au milieu de la masse d’agent, je fais porter ma voix. Je lève un bras pour essayer de me détacher de la masse. Jouer les idiots naïfs, ça commence à être lassant. Et cette situation commence à m’énerver. Je baisse donc le bras et malgré ma faible carrure, je me fraie de force un passage au milieu des agents. Quand j’arrive enfin près de l’agent auquel j’ai été attribué, je lance un faux sourire, un peu mal à l’aise pour le coup. Je n’étais pas en Amérique pendant la guerre mais je connais ce visage. Il faisait partie de l’équipe qui travaillait aux côtés de Captain America. Bon, je suppose que ce n’est pas pour aujourd’hui l’élimination discrète de mon binôme.

L’espace de quelques secondes, je ne suis pas sûr de la marche à suivre. Dois-je le saluer comme un militaire ou lui serrer la main comme un homme ? Je décide de jouer la carte de la candeur et je lui tends ma main. « Erik Lehnsherr. C’est un honneur de travailler avec vous. J’espère que vous n’êtes pas trop déçu d’avoir été attribué à un archiviste. Je tâcherais de faire de mon mieux pour ne pas vous gêner. » Une fois la poignée de main échangée, je me penche sur le dossier, espérant que nous soyons tombé sur quelque chose de simple et de facile à gérer. J’ai autre chose à faire que de traquer les criminels américains. « Sur quoi allons-nous travailler ? »


They call me useless, careless, nobody ought to miss with the thing they don't understand. They call me hopeless, heartless, there's no way out of this when it's so far out of your hand. I confess there's a hole in my chest from the things that I did and the gun in my hand. I won't rest till it's all done and set and I get what I give.
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Marvel Temporus
MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Lun 6 Fév - 17:39

Une voix répondit à Dugan, il porta son regard sur le nouveau venu. Un môme. Dans les 20 ans au bas mots. Il avait plus l'allure efflanqué d'un pigiste ou d'un tâcheron que d'une recrue athlétique de camp Pembleton, où Timothy avait fait ses classes juste avant le grand chambard en Europe. Le môme se présenta. En entendant son blaze, Timothy sourit. Lui était d'origine irlandaise, l'autre d'origine européenne aussi vu la sonorité de son nom. Lehnsherr ? Dugan penchait pour un natif des Pays-bas ou du Danemark. Quoique, il avait déjà croisé un estonien qui avait le même genre de nom. Dugan s'esclaffa :

« Petit, archiviste ou pas y'a aucun soucis. Parce qu'en vérité, pour un travail d'investigation, je préfère être secondé par un lettré qui en a dans le ciboulot, plutôt que par un gros dur qui sait juste cogner. Il va falloir faire marcher notre tête pour alpaguer notre client. On a hérité d'un dossier non-résolu fils. Ce qui veut dire que le bonhomme a su décamper et que les types de la brigade criminelle n'ont pas su lui mettre la main au collet. »

En lui serrant la main, Dugan jaugea le môme. Plutôt jeune pour le SHIELD. Diplômé ? Probablement, donnant très fort sur peut-être. Carriériste ? Peut-être, donnant très fort sur oui.

« A propos, moi c'est Timothy. Et ne va pas me surnommer « l'irlandais de service» comme l'autre empaffé du bureau d'à côté. »

Dugan se pencha sur le dossier. Roulement de tambour, stupeur et tremblement. Dum Dum se piqua une petite suée.

« Eh merde. Toi et moi on a hérité du Follet. »

Dugan se souvenait parfaitement des articles du tabloïd à scandale « L'Indiscret ». Le seul journal de toute la ville à mener campagne contre le serial killer qui incendiait les visages à la colle. Timothy s'était laissé dire que le psycho finirait au choix : cramé par sa propre substance dans sa folie, suite à une quelconque maladresse. Ou alpagué par la brigade des mœurs suite aux dénonciations d'un voisin qui ne supportait plus l'odeur de cramé. Mais le hasard (ou le destin) avait finalement voulut que ce soit le SHIELD qui se lance sur les traces du Feu Follet Fou. Tempête sous un crâne. Par où commencer l'enquête ? Vu que le tueur avait une dent contre les juifs visiblement, Dugan songea à aller secouer les puces aux éditeurs de pamphlets racistes qui revendaient leurs machins aux crânes pointus du Ku Klux Klan. Ils auraient bien des noms à donner pour les amateurs de délires sur complots sionistes et autres du même genre. Dans la foulée il serait bon d'aller foutre un peu sous pression les klansman. Il y en avait peu dans l'état de New York, et ils en avaient surtout contre les noirs, mais ça valait le coup d'aller casser quelques têtes pour obtenir des pistes. Pour le boulot de détective, il y avait évidemment les dossiers de la police à passer en revue : tous les actes de psycho similaire au Feu Follet Fou. Tous les crimes similaires et autres meurtres du même style. Pour faire bon poids, il n'y aurait plus qu'à aller cuisiner la communauté juive du quartier de Brooklyn. Il y en aurait bien un qui se mourrait d'envie d'aider les autorités quelle qu'elle soit à envoyer le serial killer sur la chaise électrique de la chambre verte de Sing Sing.

« Fils j'ai dans l'idée qu'on va pas mal écumer Brooklyn toi et moi avant de pouvoir mettre un nom sur le Follet. Tu voudrais commencer par quoi ? On épluche les archives de la police à la recherche d'un précédent ? On rend une visite de courtoisie aux klansmen qui ne se sentent plus de lyncher quelques quidam au nom hébreux ? Une visite à la synagogue de Long Island ? Ou bien on va mettre les poucettes aux pamphlétaires qui aiment foutre le feu au talmud ? Ça serait une surprise qu'on n'en apprenne pas plus sur le Follet après tout ça. »

Dum Dum se lissa la moustache.

« Etrange duo que toi et moi petit, mais après tout, l'affaire de notre pyromane renifleur de colle est étrange. »



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Marvel Temporus
MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Lun 6 Fév - 19:09



Destination Morgue
Timothy ξ Erik

« Petit, archiviste ou pas y'a aucun soucis. Parce qu'en vérité, pour un travail d'investigation, je préfère être secondé par un lettré qui en a dans le ciboulot, plutôt que par un gros dur qui sait juste cogner. Il va falloir faire marcher notre tête pour alpaguer notre client. On a hérité d'un dossier non-résolu fils. Ce qui veut dire que le bonhomme a su décamper et que les types de la brigade criminelle n'ont pas su lui mettre la main au collet. » Le paternalisme américain… Je me retiens de lever un sourcil, de lui faire remarquer que malgré son passé de soldat, j’ai sans doute vu plus d’horreur dans ma vie que lui, que j’ai déjà été père. Mais je ne suis pas là pour ça. Alors, même si l’appellation m’a vexé, je ravale ma fierté avec difficulté, ne voulant pas faire plus de vagues que nécessaires. Il faut au moins reconnaitre que l’homme reconnait l’importance d’avoir quelqu’un de plus intellectuel à ses côtés. Au moins ne suis-je pas tombé sur un idiot. Note, j’aurais dû m’en douter… L’homme a quand même marché aux côtés du fameux Captain America… Pour le peu que ça a été utile à tous les juifs coincés dans les camps… Je pince les lèvres. Recasser ne changera rien. Par contre, agir à mon échelle, si. Et là, je vais juste perdre un temps dingue avec ces histoires de faire les yeux doux à la police. Je suis un tueur spécialisé, pas un policier. « A propos, moi c'est Timothy. Et ne va pas me surnommer « l'irlandais de service» comme l'autre empaffé du bureau d'à côté. » « Très bien Monsieur Dugan. » Un peu de braverie dans mes propos ? Non, fondamentalement, je respecte cet homme pour les valeurs qu’il défend, pour avoir pris les armes et pour tout ce qu’il a pu faire pendant la guerre. A mon échelle, je me suis contenté de survivre. J’aurais voulu en faire plus que je n’aurais pas pu mais cela ne m’empêche pas de montrer un peu de respects envers les soldats qui se sont battus pour notre liberté, même si l’amertume des années dans les camps à voir les avions nous survoler sans jamais s’arrêter pour nous reste. « Eh merde. Toi et moi on a hérité du Follet. » « Le Feu Follet Fou ? » A l’annonce du chasseur de juif, je me tends perceptiblement. Je m’étais arrêté sur un article parlant de lui. Même ici, même dans le pays de la liberté on se retrouve stigmatisé et chasser. Finalement, peut-être que cette chasse ne sera pas une perte de temps… Cela me donnera même peut-être l’opportunité de nettoyer New-York de la présence de ce nuisible. Cela ne peut pas faire de mal, que du bien même. Le côté positif, c’est que je me suis déjà arrêté sur les nouvelles et les informations. J’avais déjà commencé à rassembler des idées de piste sur mon temps libre. Je m’étais cependant très vite retrouvé coincé par manque de moyen pour justifier mes recherches. Et je ne voudrais pas attirer trop l’attention sur moi. Je ne sais pas dans quelle mesure le SHIELD surveille ses membres. Il vaut mieux rester prudent et s’en tenir au minimum. « Fils j'ai dans l'idée qu'on va pas mal écumer Brooklyn toi et moi avant de pouvoir mettre un nom sur le Follet. Tu voudrais commencer par quoi ? On épluche les archives de la police à la recherche d'un précédent ? On rend une visite de courtoisie aux klansmen qui ne se sentent plus de lyncher quelques quidam au nom hébreux ? Une visite à la synagogue de Long Island ? Ou bien on va mettre les poucettes aux pamphlétaires qui aiment foutre le feu au talmud ? Ça serait une surprise qu'on n'en apprenne pas plus sur le Follet après tout ça. Etrange duo que toi et moi petit, mais après tout, l'affaire de notre pyromane renifleur de colle est étrange. »

Je fixe le dossier. Est-ce que j’oserais demander ? Je fixe le dossier, hésitant contre la marche à suivre. Je sais quelles informations je veux, je sais les endroits où je veux aller, je sais ce que je veux voir et à qui je veux parler. De vaguement intéressé, je suis passé en concentration totale. Nul doute qu’un autre dossier m’aurait probablement laissé indifférent mais là, c’est autre chose. On s’en prend encore à ma communauté probablement encore une fois sous l’unique prétexte de notre religion. Déjà, je sens la colère et l’indignation gronder en moi. Je me le suis promis en sortant d’Auschwitz. Rien n’a changé depuis. Plus jamais ça. Plus jamais je ne me laisserais faire, plus jamais mon peuple ne sera la cible des attaques injustes. « La morgue. » Les mots m’échappent. Je redresse vivement le visage vers Dugan, conscient que les mots m’ont échappé malgré moi. Oui, la morgue. Je veux aller voir les corps, me confronter à cette réalité, en connaître plus sur le fonctionnement et les rituels du monstre que l’on chasse. « Je veux voir les corps… Par respect pour les victimes et pour avoir une idée plus claire sur son rituel de meurtre. La synagogue de Long Island est une bonne idée aussi. La communauté juive est plutôt soudée. Surtout après le passage d’Hitler. L’horreur, ça resserre les liens. » Il y a comme un moment de flottement. Moment de flottement où je me revois, coincé entre deux hommes à essayer de trouver le sommeil sur les lits trop petits mit à notre disposition, à la couverture qu’on prêtait aux malades même si le froid nous transperçaient jusqu’aux os, aux diversions faites pour relever rapidement quelqu’un qui venait de trébucher, épuisé par l’effort, au bout du rouleau. Finalement, je m’extirpe aux fantômes du passé et je récupère le dossier des mains du soldat. « De toute manière, on ne pourra rien faire d’ici. Que pensez-vous de compulser ces documents dans un taxi, Monsieur Dugan ? » Les klansmen pourraient être une bonne piste mais je ne suis pas sûr de conserver mon calme en face du soldat si je me retrouve confronté à ce genre de personnes. Je contrôle bien ma mutation mais je ne voudrais pas perdre le contrôle en face de lui sous un excès de rage. Après tout, ici personne ne sait que je suis juif ou mutant. Et c’est sans doute mieux comme cela.


They call me useless, careless, nobody ought to miss with the thing they don't understand. They call me hopeless, heartless, there's no way out of this when it's so far out of your hand. I confess there's a hole in my chest from the things that I did and the gun in my hand. I won't rest till it's all done and set and I get what I give.
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Marvel Temporus
MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Lun 6 Fév - 20:41

Dugan écarquilla les yeux. C'est que le môme en avait des bonnes idées. Allez inspecter les cadavres. Lui même n'y avait pas pensé, déjà motivé qu'il était pour aller secouer les puces à quelques klansmans à faire passer sur le grill.

« Bonne initiative fils ! La morgue ? Pourquoi j'y ai pas pensé ? Il faut avouer que je n'ai encore jamais fait de travail de flic. Va pour l'entrepôt à cadavre. On dénichera bien quelque chose. »

Grand sourire, Dugan dans sa posture de foutu irlandais qui agite un trèfle.

« Et pas besoin de taxi mon bon, tu as devant toi le propriétaire d'un coupé Mercury   1934 ! »

…………………………

La voiture de Dugan se traînait. Les amortisseurs grinçaient. Les roues patinaient. Un des rétros avait rendu l'âme.

« Je sais je sais, elle est plus toute jeune ma beauté, mais j'arrive pas à m'en séparer, c'est plus fort que moi. Je l'ai acquit d'occasion en 1938, avec la bourse de mon tout premier combat de boxe remporté. Alors soit indulgent fils.»

Dugan gara l'épave la voiture devant l'entrepôt qui accueillait toutes les morgues du comté confondues, aussi bien celle de la brigade criminelle, que celle du service de pathologie de la ville de New York. Dum Dum y était entré une fois. Il savait qu'il y avait des tables d'examen, des réfrigérateurs et des tables de dissection. Il y avait aussi un autre ensemble de matériel pour les macchabées trouvés en patrouilles. Dugan sortit de la ruine la voiture. Un légiste qui sortait du bâtiment manqua de le bousculer. Il portait un sac plastique avec une scie à disséquer. Un employé manqua de bousculer Lehnsherr, il portait un bocal avec un liquide pour conserver les organes. Timothy demanda des indications à un type qui poussait une civière. Ils remontèrent le quai de déchargement. Une meute de journaliste emmerdaient un officier de police pour avoir un rapport d'autopsie. La morgue débordait d'activités : cadavres d'accidentés de la route alignés sur leurs chariots. Sous-fifres de la morgue en train d'accrocher leurs étiquettes aux gros orteils. Adjoints en uniformes en train de rédiger leurs rapports sur les décédés. Des hommes du coroner en train de fumer cigarettes sur cigarettes pour noyer la puanteur ambiante : un mélange d'odeurs de sang, de formaldéhyde et de bouffe chinoises à emporter complètement rassise. Dugan leur fraya un chemin. Ils passèrent devant les récoltes de la nuit qui s'alignaient sur des tables d'examen en acier. En arrivant au bout d'un couloir, Timothy constata qu'en dehors de lui et son acolyte, le seul être humain vivant au milieu des cadavres, était un assistant du légiste, bien calé dans son fauteuil, en train de se curer alternativement le nez et les dents.

« Bonjour l'ami, on aurait besoin d'examiner les 3 types qui ont gagné le gros lôt avec le Feu Follet Fou. »

« Désolé mais seul le légiste est habilité à passer des examens de pathologie sur les victimes de meurtres. Sauf si vous avez un mandat, mais vous n'avez pas l'air d'être de la police. »

« Où est le légiste ? »

« Le docteur Katz ? Y boit des lampées de gnôles qui lui montent à la tête, alors il se rattrape en piquant un petit roupillon à côté du corps de Carole Landis, le mannequin qui s'est suicidé aux barbituriques la nuit dernière. »

« Quoi ? Il dort à côté d'un cadavre ? »

« Et comment ! Certaines filles sont canon. Vous faîtes semblant qu'elles sont pas mortes et ça devient intéressant… ça vous plairait ? 5 dollars pour un petit coup vite fait bien fait avec une bien roulée ! »

« Sans façon… En revanche, je veux bien qu'on puisse voir les 3 victimes du Feu Follet Fou. »

L'irlandais sortit son portefeuille et en détacha deux billets de 10.

…………………………

Dum Dum retira les draps qui couvraient les corps et palpa les membres pour vérifier la lividité cadavérique. Tout ça lui rappela les corps dans les décombres d'une baraque en Normandie en 44. Il lança à Lehnsherr d'une voix rauque :

« A toi de jouer petit. »

Dugan examina le cou et la tête des victimes. Marque de ligatures violacées. Il se força à regarder les visages : plus rien. Marques de coups sur les joues et le front noircis. Comme s'ils s'étaient cogné la tête avec le moindre truc à proximité pour tenter d'éteindre les flammes qui leur ravageaient la face. Il se demanda où étaient passé les langues et les gencives. Il réalisa que le tout avait du partir en fumée. Il prit une grande inspiration et inspecta les orbites. Membranes meurtries et zébrées. Les cavités semblaient avoir été meurtries plus violemment que par des flammes. Une ampoule s'alluma dans la tête de Timothy. Cette pensée qui lui fout les jetons : le Follet leur a peut-être d'abord arraché les yeux. En examinant les bras et en remontant les coudes, il tiqua sur l'un des cadavres. Là sur l'avant-bras, un vieux tatouage de série de chiffres. Dugan se prit une nouvelle tremblote. Il se souvenait avoir lu dans l'Indiscret, qu'une des victimes était un rescapé du camp de Mathausen. Il fut prit de vertiges mais regarda quand même. Sang coagulé sous le dos. Une réflexion : il a fait mumuse avec eux avant de foutre le feu. Va y, ose le. Dugan tandis les mains et souleva un corps. Là dans le dos, marques de morsures. Une dent encore planté. Il l'arracha. Il l'examina de près. Une canine de molosse. Il examina un autre cadavre. Le sang et la noirceur des brûlures masquaient d'innombrables marques de morsures. Mais y'avait plein de marques de dents différentes. Crocs d'animaux.

L'enfant de salaud s'est servi de plusieurs animaux pour torturer ses victimes.

Sueur glacée. Dum Dum le visage défait. Le regard perdue dans un souvenir. Cette pile de corps dans le wagon à l'arrêt sur la ligne de chemin de fer éventré. C'est 1945 qui recommence.

Puis une voix bourrue :

« Qu'est-ce que vous foutez là ? »

Le docteur Katz. Grand, vêtu d'une blouse blanche souillée. L'haleine chargée. Ça sentait l'alcool distillé au bec bunsen.

« T'en fait pas mon gros, on dégage. Je crois qu'on en a assez vu. »

En sortant Dugan regarda derrière lui. Le légiste et son adjoint étaient en train de se partager le pot de vin qu'il avait donné pour voir les corps. Une fois revenu à l'antiquité la voiture, Timothy lâcha à Lehnsherr.

« Je sais que ça fait pas professionnel, mais je ne pense pas que le Follet soit humain. »



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MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Lun 6 Fév - 21:48



Destination Morgue
Timothy ξ Erik

Je fulmine sur place… Si seulement je n’étais pas ici en tant qu’archiviste du SHIELD… Si seulement je n’avais pas une vedette de guerre à mes côtés… J’aurais fait ravaler son irrespect pour les morts à cet assistant. Mais il faut croire qu’on ne se rend compte de la valeur d’une vie que lorsque l’on est confronté à des situations bien précises. Mais il vaut mieux que je ravale ma colère. Je lance un regard sombre à l’homme qui se met 10 dollars en poche. 10 dollars ! Avec ça, je peux payer une semaine de loyer ! Lui faire manger le bureau aurait été beaucoup moins couteux comme technique pour le convaincre. Je déteste quand la bêtise humaine se met en travers de ma route pour rétablir la justice. C’est donc en colère que je suis l’ancien soldat en direction de nos cadavres. J’intériorise comme je le peux. Au pire, je ferais passer ça pour un malaise dû au lieu. Et enfin, on nous les expose. Je ne vais pas mentir, c’est moche. Par chance, l’odeur n’est pas trop forte. Mais j’ai soudainement la désagréable sensation d’être de retour quelques années en arrière. « A toi de jouer petit. » Je jette un coup d’œil à mon partenaire, inquiété par sa voix soudain rauque. Il n’a pas l’air à l’aise non plus. Je peux comprendre vu leur état. Si je n’avais pas fait partie du Sonderkommando, peut-être aussi aurais-je eu du mal à soutenir la présence de ces corps décharnés. Je m’approche sans peur et sans dégouts. Je ne prends pas la peine de mettre la moindre paire de gant pour palper l’état des corps, pour laisser mes doigts courir le long des plaies. J’en ai vu des corps pendant la guerre. J’ai même passé des nuits au milieu de fosses à cadavre, faisant semblant d’être mort pour ne pas me faire prendre. La putréfaction de la décomposition, je la connais. Il y a longtemps qu’elle ne me dégoutte plus. Je connais les stigmates que certains corps peuvent prendre. Je laisse Dugan s’occuper d’un gars pendant que je fais mon check personnel sur un autre. Et ce que je vois, c’est une mort horriblement violente. Au nom de quoi ? La colère monte à nouveau. Je marmonne. Je vais attraper ce meurtrier et je vais le faire payer pour ses actes. Je me ferais un malin plaisir à le faire souffrir comme il a fait souffrir ces hommes. Quand je sens Dugan s’agité à nouveau à côté de moi, je me détourne de mon inspection pour voir s’il n’a pas trouvé quelque chose d’intéressant. Quand mes yeux tombent sur le tatouage, je me fige quelques secondes avant de tirer sur ma manche, comme pour cacher le mien. Je ne porte que des manches longues depuis que je suis arrivé en Amérique. Ce n’est pas que j’ai honte de mon passé mais ce n’est pas vraiment le genre de chose que j’ai envie que n’importe qui sache. Je ne veux pas de leur bonté bienpensante alors qu’ils vivaient leur petite vie au calme pendant que l’Europe était en train de se déchirer de l’intérieur. Ce n’est peut-être pas juste de tous les blâmer pour ça mais de mon point de vue, il n’y a que les soldats américains qui méritent un peu de respect.

Retour aux cadavres, les marques de crocs me retournent plus que je ne le voudrais. Enucléation, brulure, morsures… Ces hommes ont souffert l’enfer avant d’enfin se voir graciés de la mort. Mon attitude se fait plus glaciale que je le voudrais. Le masque du gentil archiviste tombe, laissant le visage de Max Eisenhardt s’afficher. « Plus jamais ça… » Je marmonne pour moi, tirant un essuie-tout pour me nettoyer sommairement les mains. L’observe les corps en silence, me recueillant sur les dépouilles, soufflant des prières muettes, leur promettant vengeance. Je vais faire souffrir l’homme qui a fait ça. Finalement le légiste nous surprend et on finit par se faire rapatrié à l’extérieur. Cela aura au moins le mérite d’avoir été instructif. Alors qu’on remonte dans la voiture, je commence déjà à compulser les informations que j’ai rassemblées sur l’état des corps aux côtés des informations que notre dossier comprenait déjà. « Je sais que ça fait pas professionnel, mais je ne pense pas que le Follet soit humain. » Sans quitter les yeux de mon papier, je réponds du tac-au-tac, oubliant de remettre le masque du gentil archiviste un peu maladroit que je m’applique à porter quand je suis en contact avec le SHIELD. « L’horreur est humaine. Taxer les gens capable de ce genre d’acte de démon a pour seul but de nous rassurer en nous mentant à nous-même sur notre propre humanité. Croyez-moi, Monsieur Dugan, l’humain n’est pas un saint, l’humanité est capable du meilleur comme du pire. Je croyais que vous qui avez été en Europe pendant la guerre étiez déjà au courant de cet état de fait. » J’ai parlé un peu plus durement. Je rebouche mon stylo et redresse la tête, me rendant compte de la faille dans mon masque. Nerveusement, je tire sur ma manche, comme s’il pouvait voir mon tatouage à travers la couche de tissu qui le recouvre. « Pardon, je m’enflamme. Mais on ne peut pas vraiment dire que j’ai foi en la nature humaine. Allons à la synagogue… »

♦ ♦ ♦


Les pétarades du véhicule s’arrêtent enfin et c’est non sans un soulagement que je descends de la voiture qui a vu bien trop de route à mon humble avis. J’époussette ma veste et je réajuste mes manches, toujours un peu nerveux à cause de l’apparition de ce tatouage à la morgue. J’observe la synagogue, sentant mon cœur s’accélérer à la vue du bâtiment. Depuis quand n’en ai-je plus vu ? Depuis quand n’ai-je plus prié ? Trop longtemps. Les années passées à se cacher ont laissé des stigmates, des mauvaises habitudes. Tirant sur mes manches, je m’avance vers le lieu de culte. Il y a plusieurs pratiquants qui sont devant l’entrée. Difficile de les louper avec leur kippa. Ils nous lancent des regards suspicieux, semblant nous juger de loin et en silence. Je les salue d’un mouvement de tête. Je regrette juste de ne pas avoir de quoi me couvrir le crâne en rentrant dans la synagogue. Quand j’étais tout jeune, là où nous allions prier, ils mettaient toujours quelques kippa libre d’usage à l’entrée pour s’assurer que tout le monde puisse entrer tête couverte. Cela ne semble pas être le cas ici. Et cela nous vaut, à Dugan et moi des regards lourds de reproche alors que nous pénétrons dans le lieu de culte. Je m’arrête juste après l’entrée et finalement, je fais marche arrière, contournant l’ancien soldat pour retourner vers le groupe d’hommes qui nous dévisageaient depuis tout à l’heure. « Excusez-moi mais… Je me demandais si la synagogue proposait des kippas en prêt pour les fidèles s’arrêtant ici par besoin et de manière imprévue. Je ne me sens vraiment pas à mon aise à l’idée de rentrer la tête découverte. » Et soudainement, les visages fermés s’ouvrent. Un homme me dit de rester là le temps qu’il aille nous chercher ça. Je leur réponds avec un léger sourire. « Qu’est-ce qui vous amène à la synagogue ? » Mon sourire s’efface doucement. J’aurais aimé amener l’information de manière moins… punching ball… « Ce ne sont pas de bonnes choses, je le crains. Mon collègue et moi-même enquêtons sur le Feu Follet Fou, un maniaque qui s’en prend à la communauté juive de New-York. Mais vous devez déjà être au courant… On cherche d’éventuels points communs entre David Mathausen, Abraham Teitlebaum et Cohen Rothstein, autre que leur vocation religieuse bien sûr. » Dans un jeu du chat et de la souris comme celui-ci, le plus important c’est de bien connaître sa proie. C’est même la chose la plus importante. Maintenant que je sais comment il tue, j’ai besoin de savoir pourquoi. « Est-ce que vous leur connaissiez des passions ou quelque chose du genre ? N’importe quoi qui puisse être utile. On n’est pas de la police, on n’en a qu’après le Feu Follet Fou. Vous pouvez tout nous dire. » Les hommes semblent hésiter un moment. L’autre arrive avec les kippas et me les donne. Je le remercie chaleureusement avant de lancer un bref regard au reste du groupe. « Si quelque chose vous vient à l’esprit, n’hésitez surtout pas, nous serons dans la synagogue. » Je me détourne du groupe, mettant l’une des deux kippas sur ma tête. En arrivant au niveau de Dugan, je lui passe l’autre. « Mettez ça à la place de votre melon. Ça ne se fait pas de rentrer dans une synagogue sans kippa sur la tête. » Et, sans un mot de plus, je rentre dans le lieu de culte.

♦ ♦ ♦


Le Rabbin n’a pas pu nous aider. On ressort tous les deux bredouilles après avoir rendu nos kippas. Près du tas de ferraille que Dugan ose appeler une voiture, le groupe de tout à l’heure semble être en pleine dispute. Je jette un bref coup d’œil à mon partenaire d’enquête avant de me diriger vers le véhicule. Finalement, le groupe se sépare avant notre arrivée, il ne reste qu’un homme agité qui s’avance vers nous. Quand il arrive à notre niveau, il me glisse un papier dans la main. « Je ne vous ai rien dit. » Et sans un mot de plus, l’homme file vers la synagogue, nous laissant seuls avec le morceau de papier. Après un bref échange de regard avec mon partenaire, j’ouvre le mot. Un sourire étire doucement mes lèvres. On se rapproche. « J’ai une adresse. Visiblement, au moins deux des victimes avaient un faible pour les combats de chiens. Je suppose qu’on peut facilement relier ça aux marques de morsures. Je crois qu’on se rapproche. »


They call me useless, careless, nobody ought to miss with the thing they don't understand. They call me hopeless, heartless, there's no way out of this when it's so far out of your hand. I confess there's a hole in my chest from the things that I did and the gun in my hand. I won't rest till it's all done and set and I get what I give.


Dernière édition par Erik Lehnsherr le Mar 7 Fév - 17:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Mar 7 Fév - 9:46

Dugan écouta le môme et tourna aussitôt la tête vers lui avec étonnement. Rares étaient les jeunes de son âge à vous tenir un discours aussi désabusé et plein de désillusions. Timothy songea à quelques réponses mais ne trouva rien à redire, à se retrouver comme un avaleur de couleuvres. Sa première pensée fut : il a fait la guerre. Mais le môme était trop jeune pour avoir été sur le front, sauf comme auxiliaire peut-être, et encore. Il poussa sa réflexion plus loin : il a vécu en Europe. Il a du se tirer du continent comme d'autres pour de meilleurs perspectives. Direction la synagogue. Dugan ressassa ce qu'il avait vu des cadavres à la morgue et l'idée apparut dans sa tête. Il arrêta sa voiture devant un commerce. Il sortit et se précipita en courant vers le comptoir. Il glissa un billet de 5 et demanda à utiliser le téléphone. Il appela le SHIELD. Il expliqua son investigation. Il demanda à ce que l'agence envoie son propre pathologiste escorté par d'autres agents. Qu'ils aillent examiner les morsures des cadavres. Objectif : trouver quelle bête est à l'origine des morsures. Doberman. Rottweiler ou autre. Si on tenait une espèce de chien en particulier, ça serait déjà un début pour mettre la main sur le Feu Follet Fou. L'irlandais réintégra le véhicule, expliquant son appel au môme, et ils filèrent en direction de la synagogue.

………………………….

Une fois sur place, Timothy leva les yeux au ciel. Le môme était astucieux, ça c'était sûr. Il ne lui serait jamais venu à l'idée d'enfiler une kippa. Mais l'idée l'agaçait quand même. Ce n'était pas le fait de porter ce petit bout de tissus, non, c'était de renoncer à son CHAPEAU MELON. Dum Dum sans son couvre-chef, n'était plus Dum Dum. Jugement sans appel. Mais pour mettre la main sur le psycho, ce genre de sacrifice était supportable. Aussi le vétéran enfila le machin cérémoniel, gloussant en s'imaginant quelle aurait été la réaction cardiaque de l'évêque catholique de Boston, sil voyait un irlandais s'attifer en hébreux. C'est ainsi équipé qu'ils arrivèrent devant le rabbin. Papy avait une barbe de 50 cm. L'ancêtre sembla plus intrigué par Lehnsherr que par Dugan. Le vieux baragouina un truc en allemand, en yiddish et en argot de Brooklyn. Dugan se retint d'applaudir. Pas mal pour un vieux. Le rabbin confia à Lehnsherr, moitié anglais, moitié yiddish :

« Je vois à ton visage creusé et ton corps efflanqué que tu as déjà eut une malnutrition sévère même si tes stigmates ont disparus. Tu es un survivant du grand nulle part. Bubeleh, c'est une mitzvah que tu dois accomplir, et ton regard est trop dévoré par la haine, même si tu le dissimules bien. Ta chutzpah n'en sera que plus douloureuse si tu adhère au talion. Tu es un mensch. Mais je sent à ton regard que tu iras trop loin et que tu enclencheras le grand tsaurus, ce fléau casqué comme un démon, avec sa cape et ses mains gantés de pourpre. Va Bubeleh, va, mais n'oublie pas le tsaurus que tu laisses sur ton passage, on ne réchappe pas à son magnétisme qui sent la mort. »

Dugan n'avait rien pigé. Son regard alla de Lehnsherr au rabbin et du rabbin à Lehnsherr :

« Euh... »

Une fois dehors et de retour à la brouette à la voiture, un fidèle du lieu confia un papier au môme. Il leur avait laissé une piste.

…………………………

Direction l'adresse indiquée sur le papier. Un coin pourri de Brooklyn. Que des cahutes en préfa. La voiture rendit l'âme se gara. Devant une maison il y avait un panneau qui indiquait : chiots pitbull de qualité. Dugan et son acolyte déboulèrent dans la cour. Il y avait derrière la maison, 3 baraques en parpaings, entourées de fil de fer barbelé. 3 cours au sol de terre battue derrière les grillages, jonchés de gros pneus. 3 portées de chiens trapus et musculeux. Timothy mata les bestioles. Des chiots et des molosses à la peau beige tavelée, la poitrine en barrique, la mâchoire lourde.

« Les 3 que vous voyez devant le grillage, c'est violeur, scie à métaux et train de nuit. A eux 3 ils ont gagnés 16 combats. Le record de Brooklyn pour un seul éleveur. »

Timothy se retourna en direction de la voix. Un homme très gros en salopette se tenait sur le seuil de sa cahute. Dugan chuchota au môme :

« Laisse moi faire fils, le Dum Dum sait y faire avec les bouseux. »

« Z'êtes à la recherche d'un pit de qualité ? »

Derrière un chien bondit sur le grillage, pattes en avant. Il aboya.

« Non on cherche des infos. On a des morts avec des morsures. Ça serait possible selon vous de donner un humain en pâture à un chien ? Jusqu'à la mort ? »

« Jusqu'à la mort ? Difficile, sauf si vous affamez la bête. Dîtes, vous êtes sûr que vos morsures sont pas humaines ? »

« Sûr, c'était des marques de crocs d'animaux. »

« Pourtant j'aime les sport de sang avec des chiens, mais là… c'est compliqué. Faudrait foutre une muselière sur la bête, la rendre folle en la mettant en cage et en faisant parader des femelles en chaleur devant elle. Au fait, c'est qu'elle espèce de chien qui a fait ça ?»

Dugan sortit un billet et le tendit à gros lard.

« Je peux utiliser votre téléphone ? »

Il appela le SHIELD. Il eut le pathologiste au bout du fil. Il avait la voix inquiète, il lui révéla ce qu'il avait déniché. Ce n'était pas des morsures de chiens. Test au plâtre dans les meurtrissures. Que des dents de lions, tigres, chacals, panthères, coyotes, jaguar. A chaque morsure, marques de multiples espèces. Irréaliste, mais c'était le cas. Le SHIELD avait poussé plus loin l'enquête. Y'a 6 mois dans un ZOO du New Jersey, quelqu'un avait tué des fauves dans leur cage en pleine nuit. Il leur avait arraché des dents. Dugan raccrocha livide. Il tenta de se montrer cordial pour remercier gros lard et prendre congé. Il était blanc comme un linge de retour à la ruine la voiture. Il finit par lâcher :

« Je vais pas te mentir fils. J'ai eut notre pathologiste au téléphone. Le SHIELD a mit le doigt sur quelque chose : c'est le Follet lui même qui a mordu ses victimes. Le taré s'est construit un dentier je dirais, ou plutôt un putain de gros râtelier. Il y a collé toutes les dents possibles et imaginables de tous les fauves de la planète pour avoir sa propre mâchoire de prédateur. Ça commence à devenir méchant. Faut aller mettre les poucettes aux klansmans jusqu'à ce qu'ils lâchent un nom. Un psycho avec une dentition pareille, ça ne doit pas passer inaperçu. »



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MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Mar 7 Fév - 18:01



Destination Morgue
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Nouveau trajet en voiture… En silence, je rumine les mots que le rabbin a eus pour moi. J’apprécie qu’il soit passé par le yiddish pour me communiquer ces mots. Distrait, je me mordille les lèvres. Je pourrais décider d’ignorer l’appel des mots de cet homme sage. Il a vu la colère, il a su directement pour mon passé. Je me saisis de mon propre poignet, mon pouce passant presque frénétiquement à l’endroit où se tient mon tatouage, caressant ma manche. Comment le pas être nerveux après de tels mots ? Irais-je trop loin dans ma vengeance ? Balivernes. On ne peut pas aller aussi loin que ce que les nazis nous ont fait subir. L’homme est capable des pires horreurs… Je l’ai encore dit aujourd’hui. Le serais-je aussi ? Sans doute. Mais uniquement pour protéger mon peuple, pour protéger les miens. Je me suis fait une promesse et je compte bien la tenir, quoi qu’il en coute. Que ce soit pour les juifs ou pour les mutants, je ne laisserais plus personne s’en prendre aux miens, quoi qu’il m’en coute, tant que je respirerais, je ferais tout mon possible pour les protéger. Le voyage se déroule en silence. Aller à la synagogue nous a donné une piste mais peut-être n’aurions-nous pas dû y aller. J’ai l’esprit en ébullition. Qu’a vu le rabbin au fond de mes yeux ? Qu’est-ce que Dugan pense de cet échange ? Je n’aimerais pas qu’il aille en parler à la directrice Carter. Elle m’a déjà dans le collimateur, je n’ai aucune envie d’attiser ses soupçons. Finalement, le véhicule s’arrête à nouveau. La pétarade prend fin. Pauvre machine… Peut-être que si cette mission ce passe bien, je retaperais la carrosserie et jetterais un œil à ce moteur pour remercier le soldat de ne pas avoir été totalement un poids mort. Après tout, peut-être que me mettre Dugan dans la poche éloignera Carter de ma piste.

On descend et il n’est pas dur de trouver le lieu. ‘Chiots pitbull de qualité’, que l’enseigne dit. Ce genre de milieu, je connais déjà plus que les commissariats de police. Travailler pour Contrôle m’a fait voir certaines choses, m’a fait prendre part à certaines choses. C’est un sentiment étrange que d’avoir conscience de la valeur d’une vie humaine mais de n’avoir aucun scrupule à ôter une vie, de ne pas se sentir intimidé par un cadavre, qu’il soit frais ou pas. « Les 3 que vous voyez devant le grillage, c'est violeur, scie à métaux et train de nuit. A eu 3 ils ont gagnés 16 combats. Le record de Brooklyn pour un seul éleveur. » Je lève un sourcil. Si ça se trouve, c’est notre homme qu’on a devant nous… rien qu’à cette idée, je sens la colère monter. « Laisse-moi faire fils, le Dum Dum sait y faire avec les bouseux. » Sans usage de la violence, nul doute que l’ancien soldat sera plus efficace que moi. Je me contente donc d’hocher la tête, acceptant pour de bon ce surnom ridicule de ‘fils’ que Dugan semble tant affectionner pour me nommer. « Z'êtes à la recherche d'un pit de qualité ? » « Non on cherche des infos. On a des morts avec des morsures. Ça serait possible selon vous de donner un humain en pâture à un chien ? Jusqu'à la mort ? » « Jusqu'à la mort ? Difficile, sauf si vous affamez la bête. Dîtes, vous êtes sûr que vos morsures sont pas humaines ? » « Sûr, c'était des marques de crocs d'animaux. » « Pourtant j'aime les sport de sang avec des chiens, mais là… c'est compliqué. Faudrait foutre une muselière sur la bête, la rendre folle en la mettant en cage et en faisant parader des femelles en chaleur devant elle. Au fait, c'est qu'elle espèce de chien qui a fait ça ?» Je ne peux retenir un soupire exaspéré quand je vois le soldat sortir un billet de sa poche. Sérieusement ? Encore de l’argent jeté par les fenêtres ? Alors qu’on aurait pu obtenir autant d’informations de ça part en lui cassant les genoux… « Je peux utiliser votre téléphone ? » Faire les choses bien et dans le respect des lois, ce n’est pas vraiment mon fort. En même temps, j’ai vu ce que cela donnait quand on essayait de la jouer fairplay. Du coin de l’œil, j’observe Dugan se rendre jusqu’au téléphone. Je reste en arrière, décidant de profiter que l’homme soit parti avec le soldat pour fureter un peu. Je contourne les chiens peu engageants et je m’avance un peu plus dans la cours, laissant mon regard trainer le long des murs à la recherche d’une hypothétique piste. Toute l’enquête mijote joyeusement dans ma tête. Je réfléchis, je m’efforce de trouver le morceau manquant. En même temps… Comment trouver et aiguille dans une botte de foin ? C’est déjà ce que je fais ici pour Contrôle, je n’ai pas besoin d’aguilles supplémentaires sur ma route.

Quand j’entends du bruit, je retourne me mettre là où on m’a laissé, déçu de ne rien avoir trouvé de valable. D’un autre côté, je ne pensais pas résoudre cette enquête en un jour. Mais doucement, je sens la frustration de l’incompréhension me gagner. « Je vais pas te mentir fils. J'ai eu notre pathologiste au téléphone. Le SHIELD a mis le doigt sur quelque chose : c'est le Follet lui-même qui a mordu ses victimes. Le taré s'est construit un dentier je dirais, ou plutôt un putain de gros râtelier. Il y a collé toutes les dents possibles et imaginables de tous les fauves de la planète pour avoir sa propre mâchoire de prédateur. Ça commence à devenir méchant. Faut aller mettre les poucettes aux klansmans jusqu'à ce qu'ils lâchent un nom. Un psycho avec une dentition pareille, ça ne doit pas passer inaperçu. » Un long frisson me court le long du dos. Je n’ai aucune envie de me jeter dans la gueule du loup. Cependant, il faut ce qu’il faut. A contrecœur, j’hoche la tête à la positive. « Je vous suis, Monsieur Dugan. » Et c’est re-parti pour un tour dans l’épave. Alors qu’on s’approche de la voiture, j’ai presque mal au cœur en voyant l’état du morceau de ferraille.

♦ ♦ ♦


Les bruits d’agonie du véhicule de l’agent Dugan s’arrêtent enfin. Je me surprends à souhaiter la paix de cette voiture de par sa mort alors que j’ouvre la portière en un long grincement. Ce bar de brooklyn est visiblement connu pour abriter des réunions de klansmen. J’observe la devanture, pas totalement sûr de vouloir pénétrer dans le lieu. Ces hommes en ont plus souvent après les personnes de peau noires qu’après les juifs mais certains patterns ne changent pas. Je manque prévenir l’ancien soldat sur ma possible incapacité à garder mon calme face à une ségrégation gratuite mais les mots meurent dans ma gorge. Je n’ai pas envie d’avoir à m’expliquer. Ça serait plus d’ennuis qu’autres choses. Alors, je reste en retrait, me faisant l’ombre de mon partenaire d’enquête. Désireux de ne pas faire de vagues ou de flamme, je le laisse discuter avec les hommes présents. Je ne comprends pas pourquoi l’Amérique laisse ces personnes agir ainsi. On sait tous qui ils sont et ce malgré les masques qu’ils portent pendant leurs actions. Mais sous prétexte qu’on n’a pas vraiment de preuve, on laisse couler. La loi est quand même mal faite. Je rumine dans mon coin, me passant une main dans la nuque pour essayer de dissiper mon malaise, d’avoir l’air un peu moins au mauvais endroit. Ce que je ne sais pas, c’est l’impact que ce petit geste vient d’avoir, que, dans mon mouvement, ma manche a légèrement remonté, dévoilant le tatouage que l’on m’a fait à Auschwitz. Il n’en faut pas plus pour que la mauvaise personne ne s’en rendre compte. Je suis la discussion en court sans voir l’homme arriver. Je ne me rends compte de sa présence que lorsqu’il agrippe mon bras, le retournant tout en tirant la manche pour s’assurer de ce qu’il a vu. « J’y crois pas ! On a une saloperie de juif dans notre bar, les gars ! » Ma réponse est immédiate. Le coup par de lui-même. Je vise le nez. Je n’ai pas une carrure exceptionnelle, les stigmates de ma malnutrition continuant de se faire sentir sur mon corps, mais je sais cogner. Et je sais où viser pour faire mal. Sous mon poing, je sens les os de son nez craquer. Je tire mon autre bras à moi pour me dégager de sa poigne. Je n’ai pas d’armes pour me défendre mais cela ne m’empêche pas de me mettre en garde. L’homme recule, portant sa main à son nez en sang. Un flot de juron passe ses lèvres. Je jette un bref regard à Dugan. Bon, je suppose que je ne pouvais pas vraiment continuer de cacher cette information… La pièce est remplie d’objets en métal… Mais je n’ai pas spécialement envie de faire tomber le deuxième masque tout de suite. Je reporte mon attention sur mon agresseur. Je vais devoir la jouer prudent. Pas d’arme et un combat déséquilibré. « Traite moi encore une fois de saloperie de juif pour voir… » J’attrape une bouteille qui traine sur une table pour l’y briser, la pointant sans ménagement vers mon agresseur. Je n’avais pas prévu de tuer devant un quelconque agent du SHIELD mais je ferais ce qu’il faut pour nous défendre, moi et mon honneur.


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Marvel Temporus
MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Mar 7 Fév - 20:26

En arrivant devant la « Klaverne du KKK », Dugan essaya de contenir son hilarité. Non pas qu'il ne prenait pas au sérieux l'aspect néfaste de ces marginaux fan du dixie, mais leur esthétique était trop délirante à son goût. Les affiches collés au vitres annonçaient déjà l'ambiance : « Negross dehors ! KKK pour l'unité des blancs !!!» En entrant dans la place Dugan se cru le jouet d'une hallucination. Les péquenots portaient robes et capuches blanches. Visez un peu  leurs Kompagnons Kanins : des dobermans Pinschers emmaillotés de draps. S'en était trop, Dugan se marra. Les têtes pointues l'observèrent comme un extraterrestre : c'est quoi son problème ? Timothy jeta négligemment le regard sur les affiches collés derrière le bar : Kermesse du Klan. De la réclame pour une vente de brassard nazis. 2 $ 99 la pièce. Les poupées vaudoues de rabbins juifs, une affaire : 3 pour 5 $. Contre un mur on avait déposé un panneau d'homme-sandwich : « WKKK – Croisade anti-communiste du révérend Evans ! » Un haut parleur hi-fi boulonné contre un essieu du mur sortait un bafouillis de crachotements :

« Qui a besoin des nègres ? Renvoyez les en Afrique ! Pour des paroles PiKantes, des orKestres Kools et pour des dédiKaces : Komposez K-L-A-N sur votre Kombiné. N'oubliez pas de lire notre brochure : pourKoi les races non aryennes prolifèrent ? Le révérend Cleveland Holyfield, le Grand Dragon de notre loge des chevaliers du Ku Klux Klan de Brooklyn répond impartialement à vos Kestions. Pour envoyer vos dons, adressez vos chèKes à notre boîte postale. Nous vous enverrons notre grand test : êtes vous ROUGE ou rouge, blanc et bleue comme l'AmériKe? N'oubliez pas notre loterie, un drap à gagner pour la race Kanine. Et maintenant notre flash info sur les derniers complots papistes du Vatican afin de dominer le monde. »

Dugan chercha du regard qui pouvait être le leader de la bande d'empaffé. Ils leurs rendirent son regard l'air de dire : Eh ? Où est-ce que vous avez mit vos draps les mecs ?

« J'aimerais parler à votre chef. »

Du bruit dans la cour arrière du bar. Comme la porte était ouverte, Dugan pouvait jeter un coup d'oeil : La Kour Konsistait en une Kasemate en tôle ondulée. 4 Konnards traînaient près d'un champ de tir improvisé. Les cibles étaient des manneKins de magasins d'habillement. On en avait attifé un comme Elijah Mohamed, le leader des Black Muslims.

« Le chef ? C'est l'Auguste Cyclope des chevaliers du Klan. Le proprio du bar. Il est ici. »

Un crâne pointu tapa du pied sur le sol. Une trappe s'ouvrit dans le plancher. La tête du chef apparut :

« Oui ? Par ici. »

Dugan chuchota au môme :

« Attends moi ici, et surtout pas de bêtises. »

Il descendit intrigué. Le taré s'était monté un putain d'abri anti-bombes. Un carrée de 4 mètres sur 4. Des pin-up de Playboy couvraient les murs. Le taré s'était entassé une chiée de boîtes de conserves porc au haricots et des bouteilles de bourbon.

« C'est quoi ce bordel ? »

« Mon bunker. Les rouges s'apprêtent à lâcher la bombe atomique sur notre ville. »

Le chef était un nain en comparaison de Dugan, la tête de Dum Dum frôlait le plafond. Il avait du retirer son chapeau. Au moins fallait reconnaître que le papier peint était bien agréable (miss Juillet en particulier). Disons que les russes larguent la bombe atomique. Disons que Dum Dum se terre dans ce trou. La fièvre du reclus pourrait bien le prendre et le convaincre que les femmes sont vraies.

« Je cherche un type, un meurtrier avec un râtelier plein de croc sur la face. Il aime pas trop les hébreux. Un nom, accouche. »

« Si z'étez pro-Klan comme un vrai blanc, j'vous baiserai l'ourlet du drap, mais c'est pas le cas. »

Dugan lui allongea un coup de pied dans les couilles suivis de gifles en revers de la main. Toute une série. Tap-Tap-Tap-Tap-Tap. L'autre couina.

« Ok ! Ok ! Jamais vu une mocheté pareil avec le dentier que vous avez décrit, mais y'a ce pamphlétaire, le roi de la haine qu'on l'appelle. Lui il doit savoir, il sait tout sur tout. Y s'appelle Coleman Healy. »

Dugan sortit de l'abri, il aperçut Lehnsherr qui tapait un crâne pointue juste après qu'il l'ait interpellé violemment. Timothy aperçut le tatouage au bras de son acolyte lorsqu'il balança son direct en pleine face.

« Eh merde... »

La horde était prête à foncer sur le môme. Dugan qui avait saisi leur chef par la peau du cou en remontant, le balança sur le sol, il tomba avec fracas sur le plancher. Les têtes se retournèrent.

« Notre Auguste cyclope ! »

« Ouais, je pense pas qu'il passera Grand Dragon avant longtemps. Maintenant tout le monde recule. »

Dum Dum sortit de sa veste un 38 à canon court. La horde décampa la queue entre les jambes (même ceux dans l'arrière cour avec leurs pétoires). Que du sang de navet tout compte fait. Une fois sortit dehors Dugan fixa Lehnsherr :

«ça cache une histoire tout ça. Et j'aimerais bien en connaître quelques détails petit. Parce que j'ai comme qui dirait l'impression que si t'es entré au SHIELD, c'est que t'as un besoin maladif de te venger de quelqu'un ou quelque chose. Et que ça va déraper dans les grandes largeurs, parce que notre agence, n'a pas été fondé dans ce but. »



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MessageSujet: Re: Destination Morgue (Erik Lehnsherr)   Mar 7 Fév - 21:45



Destination Morgue
Timothy ξ Erik

Le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas à ce que les choses dérapent autant. Ils sont beaucoup trop nombreux pour moi. Si je n’utilise pas ma mutation, cela va mal finir. Si seulement je n’avais pas l’agent du SHIELD dans les pattes… Je marmonne un juron en allemand. C’est dingue, j’ai beau faire tout ce que je veux, lorsque je panique ou que je perds le contrôle, j’en reviens toujours à ma langue maternelle. Mon tesson de verre à la main, je scrute la pièce, prêt à me défendre à la première attaque. Ce qui est rassurant, c’est qu’aucune lame ou aucune arme à feu ne peut m’atteindre si je reste vigilent. Un bruit sourd me fait sursauter. Mon regard se pose vivement sur la source du bruit et je vois un homme de petite taille se manger le parquet. « Notre Auguste cyclope ! » Je recule d’un pas, prêt à mettre les voiles à la première opportunité, même si ça ne serait pas très sport d’abandonné Dugan derrière moi. « Ouais, je pense pas qu'il passera Grand Dragon avant longtemps. Maintenant tout le monde recule. » Je ne peux retenir mon léger sourire quand mon partenaire dévoile enfin son arme. Ça, ça me plait déjà plus comme langage. Et puis, ce n’est pas vraiment comme si on pouvait me camoufler une arme composée presque essentiellement de métal… Derrière Dugan, je vois quelques personnes armées dans l’arrière court. D’un mouvement du poignet, je les désarme, profitant du fait que mon collègue regarde dans ma direction pour utiliser ma mutation sans qu’il ne s’en rende compte. Il ne faut pas attendre trop longtemps pour que le bar ne se vide. Je pose un bref regard vers l’homme à terre. C’est tentant. Beaucoup trop tentant. Ma prise se resserre sur le tesson de bouteille. Ma machoire se crispe un bref instant. Finalement je repose mon arme improvisée sur une table et je me détourne pour quitter le bar, tirant l’air que rien sur ma manche.

Je ne dois pas attendre longtemps pour que le soldat ne me rejoigne. Je lui coule un bref regard avant de me dire que vider le vide est quand même vachement plus intéressant. J’aurais aimé qu’il n’assiste pas à ça. «Ça cache une histoire tout ça. Et j'aimerais bien en connaître quelques détails, petit. Parce que j'ai comme qui dirait l'impression que si t'es entré au SHIELD, c'est que t'as un besoin maladif de te venger de quelqu'un ou quelque chose. Et que ça va déraper dans les grandes largeurs, parce que notre agence, n'a pas été fondée dans ce but. » Piqué. En plein dedans. Les soldats américains ont pour réputation d’être des brutes sans cervelles qui suivent les ordres sans réfléchir. C’est bien ma veine que celui-ci ne corresponde pas du tout au profil. Je soupire lourdement et je remonte ma manche. Je suppose qu’il n’y a plus vraiment de raison de le cacher maintenant… « Ça, c’est mon passé… » Lui dire, ne pas lui dire ? Je laisse la question en suspens pendant quelques secondes avant de décider qu’une honnêteté sur cet aspect-là du dialogue rendrait le reste plus facile à avaler. « Auschwitz. Sonderkommando. Je ne veux pas en parler. » Je remets ma manche en place, cachant le tatouage qui marquera ma peau à jamais. « Ça, c’est mon passé. Le SHIELD est mon présent, c’est mon travail. Je me connais et je connais mes limites. Je ne suis pas aux archives sans raisons. Je sais parfaitement comment les choses tourneraient si j’allais sur le terrain. Je veux juste participer, aider à changer les choses. Je pose juste ma pierre sur l’édifice à ma manière, dans mes limites. » Enfin, je repose mon regard sur lui, cherchant son regard. Jusqu’à présent, on ne peut pas vraiment dire que j’ai mentit. Plus par omission qu’autre chose mais pour le moment, tout est vrai. « J’ai fuis l’Europe parce qu’il n’y avait plus rien pour moi là-bas. On m’a dit que l’Amérique était le pays de la liberté et que, si je voulais pouvoir faire une différence, même au plus petit des niveaux, c’était là que je devais aller. Oui, je suis en colère. Mais tous les juifs ayant vécu les camps le sont. J’ai juste décidé de ne plus me laisser stigmatiser pour mes origines. C’est un problème pour le SHIELD ? Si c’est le cas, je me suis peut-être trompé de camp. »


They call me useless, careless, nobody ought to miss with the thing they don't understand. They call me hopeless, heartless, there's no way out of this when it's so far out of your hand. I confess there's a hole in my chest from the things that I did and the gun in my hand. I won't rest till it's all done and set and I get what I give.
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Destination Morgue (Erik Lehnsherr)

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