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 L'éveil (Peggy Carter)

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Marvel Temporus
MessageSujet: L'éveil (Peggy Carter)   Sam 21 Jan - 10:23

Rêve et cauchemar
Un état de rêve éveillé.

Steve rêva qu'il se mariait avec Peggy. Le chapelain de la SSR bénit leur union et le service se déroula dans la petite cour arrière de sa maison de Brooklyn. Peggy portait une robe de mariage typiquement britannique, Steve portait son uniforme d'officier. Bucky Barnes était son témoin et le colonel Philips était venu comme invité avec Howard Stark et les Howling commandos. La mère de Rogers était là aussi, elle n'avait pas succombé à la tuberculose. Le père de Steve était là aussi, il n'avait pas laissé sa vie dans les tranchées en Europe. Après la cérémonie on avait disposé une table avec sandwiches et punch, fort et doux. Une radio diffusait de la musique. Ils n'étaient qu'une quinzaine en tout. Ils mangèrent et burent. Des gens qui leur étaient totalement inconnus entendirent la musique et les rires en allant vers Long Island Road. Ils s'invitèrent à leur petite fête. A la tombée du jour, la cour était pleine de gens que Steve ne connaissait pas. Avec Dugan il fit un saut jusqu'au Pennsylvania Ranch Market, le plus grand magasin de Brooklyn, pour rapporter nourriture et alcool en plus. Bucky déchargea son pistolet réglementaire de soldat et le donna aux mômes pour qu'ils jouent avec. Peggy dansa des polkas avec le chapelain et avec Howard, ils se disputaient pour l'avoir en partenaire de danse. Lorsque l'obscurité se fit, Steve ne voulut plus que ça se termine. Il alla emprunter des guirlandes de noël chez les voisins pour les accrocher ensuite sur la porte, les cordes à linge et le yucca préféré de Bucky. On dansa, on but, on dansa sous cette constellation factice aux étoiles lumineuses bleues, blanc et rouges comme son costume de Captain America. Steve dansa avec Peggy, il ne lui marcha même pas sur les pieds. La bonne partenaire. Aux environs de 2h du matin, les clubs alentours se vidèrent. Les fêtards du Trocadero et du Mocambo débarquèrent dans la fête, attirés par l'ambiance. Charlie Chaplin et Errol Flynn passèrent un moment parmi eux. Flynn échangea sa veste de smoking avec Steve, pour emprunter sa veste garnie d'insignes et de médailles de vétéran. Chaplin échangea son chapeau melon avec celui de Dum Dum. Si l'orage n'avait pas éclaté, la fête aurait pu continuer à jamais, et c'est ce que Steve désirait. Mais la foule se sépara au milieu des baisers et des embrassades pressées.


…..............……........................….........…

Réveil

Il avançait allongé sur le dos, ou bien il roulait dans les airs. Steve ne savait pas l'expliquer exactement. Des jambes lui avaient poussés sur le dos et le propulsaient. Il ne savait pas comment c'était possible. Les murs du couloir autours lui firent comprendre qu'il était bien lucide. Il avait la sensation que ses membres étaient glacés. Un homme en blouse blanche accourut avec une perfusion et resta planté à ses côtés.

Je crois que je comprends.

Il se rappelait avoir rampé dans l'épave après le crash. Il se rappelait le sol grillagé et le froid. Les murs autours devinrent plus lumineux. Ses jambes étaient des roues. Il vit des visages autours de lui. Des hommes en blouses blanches. Il commença à s’agripper et à cligner des yeux. Il écarta des choses et renversa des choses, il entendit une perfusion tomber par terre et se fracasser. Ses mains ne pesaient rien. Ses jambes cessèrent de le faire rouler. Il comprit qu'il était allongé sur un brancard. Quelqu'un lui toucha le visage. Quelqu'un quelque part lança :

« Il a eut une réaction lucide, appelez le médecin. »

Quelqu'un lui prit les mains et lui transmit un peu de vie. Les visages autours. Du personnel médical. Étourdissement, les murs autours qui rétrécissent. Quelqu'un continuait à lui prendre les mains comme pour lui transmettre un peu de vie. Il lui serra les mains en retour, un peu comme un gosse qui serre les mains de ses parents pour se rassurer. Il eut la sensation que les lumières s'éteignaient. Il lutta contre l'inconscience comme on lutte contre le sommeil et finit par perdre, il sombra.

…..............……........................….........…

Rêve et cauchemar
Un état de rêve éveillé.

Nuages bas et air lourd. Autours de lui la dévastation absolue, Steve Avança jusqu'à la seule chose existante : une maison en brique vernissée. Il entra, il perçut une odeur de moisi, il perçut une odeur de haricot à la sauce tomate. Il tourna dans le couloir et entra dans la cuisine. Il sentit l'atmosphère étouffante d'une pièce fermée. Le clair de lune filtrait à travers la vitre. Steve observa : là de l'eau dans l'évier, rose sombre. Des couteaux de boucher qui trempent. Des haricots sauce tomate et des mouches sur la moisissure. Des cheveux dans la passoire. Des tâches sur le lino, des tâches près du placard. Steve se retourna. Crâne Rouge assis sur une chaise, tout sourire :

« Tu sais ce qu'il y a dans le placard, alors n'ouvre pas. »

Steve ouvrit, il sentit l'odeur. Il vit : les jambes sectionnées, les hanches débités en cubes. La tête du professeur Erskine dans le bac à légumes.

« Bientôt ce sera son tour à elle. »


…..............……........................….........…

Réveil

La chambre de repos : pilules, goutte à goutte, intraveineuse. L'univers de Steve Rogers à présent. Steve le faiblard. Il était allongé sur son lit d'hôpital. Une infirmière entra, elle prit son pouls, elle examina ses yeux, elle prit sa pression artérielle, elle nota le résultat. L'infirmière sortit de la pièce en lui envoyant des baisers de loin. Steve rougit, complètement gêné. Il se souvenait avoir prononcé des mots, mais il ne savait plus quoi. En revanche il se souvenait que sa voix tenait le coup, le timbre était assuré et il ne manquait pas de souffle. Il songea :

Comment j'ai pu en réchapper ?


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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Sam 21 Jan - 15:58

« L'éveil »
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La nouvelle avait fait la nouvelle d’une bombe. Les médias s'étaient arrachés le scoop comme des affamés se seraient jetés sur un bout de viande. Tout le monde ne parlait plus que de ça. Le retour miraculeux de Captain America. Il était en vie et nous l'avions trouvé. Ou plutôt Howard , quelque peu aidé, avait fini par mettre la main sur ce qu'il pensait être son corps. Sa surprise avait été de taille lorsqu'il s'était rendu compte qu'il n'était pas aussi mort qu'il le pensait aux premiers abords. Pour moi, la nouvelle m'avait fait l'effet d'un coup de massue sur la tête. C'était un coup porté à mon estomac qui m'avait donné la nausée.  Ce jour là, j'avais annulé tout ce que j'avais à faire et était rentrée chez moi, étrangement vide. Bien sur j'étais heureuse de le savoir en vie. Heureuse que nous l'ayons retrouvé. Comment aurait il pu en être autrement ? J'avais aimé cet homme après tout. Je l'aimais toujours quelque part malgré les deux années riches en événements qui venaient de s'écouler. Néanmoins, je ne pouvais m'empêcher de penser que cela était une grosse erreur. Je savais que cela n'aurait pas du se passer ainsi. Je l'avais compris à demi mots en échangeant plusieurs fois avec nos chers voyageurs du futur. Qui savait les répercussions que cela allait entraîner ? Tout allait changer pour eux maintenant. Pour moi aussi. Pour tout le monde en fait. Mon passé était écrit et le futur que j'aurai du connaître n'allait plus être le même. De quoi vous donner un sacré mal de crâne. J'en revenais presque à regretter cette découverte. Presque. Je ne pouvais pas m'empêcher de me montrer égoïste. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être satisfaite. Les autres, eux, ne se posaient pas tant de questions, j'en étais sûre. Mais j'étais toujours celle qui réfléchissait aux conséquences. Toujours celle qui faisait office de pessimiste par mon réalisme. En général, je contrebalançais Howard et son excitation toujours grandissante. Bien entendu, il avait été trop focalisé sur le pourquoi du comment pour se préoccuper de ce que je pouvais avoir à dire. Peut être m'écouterait il plus tard. Un jour. Qui sait. La science derrière le retour de Steve était plus intéressante que je pouvais l'être.  Cela m'arracha un sourire puis un rire. Pour rien au monde, je ne lui aurais proposé de le remettre où il l'avait trouvé, aidé par des informations auxquelles il n'aurait pas du avoir accès.  Mon égoïsme avait toujours son mot à dire. Et puis cela faisait deux ans que nous cherchions à le ramener à la maison. Mission accomplie quelque part. Mais tout de même, il était  juste de se demander ce que cela allait entraîner par la suite.

Un soupir s'échappa d'entre mes lèvres entrouvertes. Je me prenais trop le chou comme à mon habitude. Des fois mon incapacité à vivre véritablement dans mon présent m'énervait. Je pouvais le dire , être moi était fatiguant. Mon cerveau ne s'arrêtait jamais. C'est ce qui faisait que j'étais bonne dans mon domaine. Mais dans la vie de tous les jours, 'était plus une malédiction qu'autre chose. Je n'avais pas toujours été comme ça. C'était même un développement récent. La guerre et ses horreurs m'avait forgé une personnalité plus froide et calculatrice. Personnalité que je n'étais pas sure d'apprécier en cet instant. Même après deux ans, je me battais encore contre les traumatismes de cette époque. Nous étions beaucoup dans ce cas. Combien de vétérans n'arrivaient toujours pas à dormir parce que leurs rêves étaient hantés par les cris de leurs camarades tombés au combat ? Des dizaines. J'en voyais tous les jours. Il suffisait de compter les regards vides des hommes que l'on croisait dans la rue pour savoir. Parfois cet état des faits me réconfortait. Aujourd’hui en revanche, cela ne me fit rien. Je ne savais pas comment gérer cette situation. Ma vie venait à nouveau de prendre un nouveau tournant sans que je ne m'y attende. Et cela alors que je commençais à peine à me sentir véritablement à l'aise dans celle que j'avais construite. Vous parliez d'une ironie du destin. Ma vie était faite d'inconnues. Je devrais y être habituée. Et pourtant, j'étais terrifiée, là plantée derrière cette porte depuis plusieurs minutes. Je ne savais pas ce que j'allais trouver derrière. Ni vraiment comment j'allais réagir. Enfin si je savais. J'allais trouver Steve, vivant et réveillé depuis quelques minutes à présent. Steve que j'avais perdu il y a deux ans. Pourquoi m'imposais je ça au juste ?  «  Vous allez entrer ? » me demanda l'infirmière en me regardant d'un drôle d'air. Je devais faire pitié à voir. Je lui envoyais juste un regard de biais avant de me redresser de toute ma hauteur pour me donner du courage. A croire que j'allais me battre contre HYDRA toute seule. C'était juste Steve, personne d'autres. Il n'y avait pas de dangers derrière cette porte. Et ça plus que tout bizarrement me faisait peur. Tout simplement parce que mon cœur était en ligne de mire et que je n'aimais pas être aussi vulnérable. «  Quand faut y aller... » me murmurais je à moi même avant de poser ma main sur la poignée. J'actionnais cette dernière et ouvris finalement la porte qui nous séparait. Je laissais cette dernière se fermer derrière moi avant de m'approcher au plus près de lui pour lui signaler ma présence. Il avait l'air plongé dans ses pensées, si j'en croyais le froncement de ses sourcils. Je me forçais à ne pas le détailler pour mettre un peu de distance entre nous. J'avais des choses à lui dire et j'étais là pour raisons professionnelles. Le reste pouvait attendre que je me sente plus apte à y faire face. «  Steve »  déclarais je. Si ma voix était plus rauque que normalement … ma foi personne n'était là pour l'entendre.



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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Dim 22 Jan - 16:32

Rogers passa en revue les possibilités : un crash dans l'Atlantique Nord à 300 km/h. Comment avait-il pu survivre à ça ? Le blindage de l'appareil : alliage de titane et d'acier. HYDRA voyait toujours grand. Évident que le fuselage de l'appareil n'avait pas été broyé, son corps avait survécu au choc. Mais il était tombé dans l'inconscience. Comment avait-il survécu à la température ? Et surtout comment la SSR était parvenu à le récupérer ? La zone de crash ne devait pas figurer sur une carte connue. Mais tout ça au final n'était que détails, il lui importait plus de connaître le nombre de jour pendant lesquels il avait été inconscient. Il espérait que le Walkyrie était le seul bombardier superforteresse de l'HYDRA, il craignait que la terrible organisation envoie d'autres engins de mort sur l'Amérique. Fusées V2 ou autres, HYDRA en avait toujours en réserve, couper une tête et… Quoique, il avait bon espoir pour une fois. Il avait vu Crâne Rouge se faire consumer. Sans son leader HYDRA serait vite désorganisé. Surtout il avait vu le Tesseract disparaître en tombant. Sans le cube HYDRA ne pouvait alimenter sa machine de guerre. Ce n'était qu'une question de temps avant que l'hydre de Schmidt ne tombe en désuétude. Il restait encore à vaincre le Reich. Steve soupçonnait qu'il était en convalescence depuis plus d'une semaine. L'armée américaine avait prit Oberhausen de l'autre côté du Rhin avant que les forces du colonel Philips ne s'attaquent au repaire de Schmidt. A l'heure actuelle l'US Army devait être en marche vers Dortmund. Avec un peu de chance il serait au rapport devant le général Patton avant la fin de la semaine, et de retour sur le front aussitôt. Il lui tardait de retrouver les Howling Commandos, mais surtout Peggy. A son étonnement c'est elle qui entra dans la pièce à la suite de l'infirmière. Steve l'avait imaginé en poste à Londres voir même en Allemagne maintenant que les forces américaines avaient pénétrés au cœur du Reich. Alors la voir dès maintenant lui mit du baume au cœur. Le sourire que Steve avait à peine esquissé disparut lorsqu'il scruta le visage de Peggy. Elle avait les traits tendus, le regard défait. Elle prononça son nom avec une variation dans la voix. Il la connaissait assez pour percevoir ce que ça voulait dire : angoisse et incertitude. Il craint tout à coup qu'elle vienne lui annoncer que leurs troupes venaient de connaître un grave revers, ou pire qu'elle vienne lui annoncer la mort d'un de leur ami Howling Commando, au cours de la prise d'assaut du repaire de Crâne Rouge. Steve chercha quelque chose à dire et ne trouva rien. Une pensée le traversa :

Quelqu'un lui avait prit la main pour lui transmettre un peu de vie.

Depuis son lit il tendit sa main vers Peggy pour l'inviter à la saisir. Il lui lança un sourire de réconfort. Il n'aimait pas la voir avec une expression du visage aussi incertaine. Il avait des tas de questions à lui poser. Il préféra aborder en premier ce qu'il considérait comme la chose la plus dangereuse à prendre en compte suite à sa mission.

« Le cube cosmique ? Je l'ai vu tomber de l'avion après la mort de Schmidt. Est-ce qu'il a… fait des dégâts ? Enfin est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? »

Il se souvenait encore nettement de la déchirure dans le ciel, de cet espèce de phénomène d'inversement des dimensions et d'espace temps, lorsque Crâne Rouge s'en était saisis avant de se consumer. Pendant un temps qui avait semblé durer une éternité, c'est comme si le cosmos et toutes ses étoiles avaient été visibles pour Steve et son ennemi juré. Une sorte de vision avait frappé son inconscient :

Le titan assis sur son trône, qui remue dans l'obscurité et gronde plus qu'il ne parle, les yeux luisants, insensibles à l'amour la joie ou le chagrin. Le goût de la cruauté, la plus dangereuse des entités, haïssant aveuglément. Le destructeur des mondes. Thanos ou Thanathos, difficile de saisir ses traits démoniaques. A attendre l'alignement des constellations. Son retour n'est pas pour dans 10 000 ans, mais bien pour demain.

« J'ai vu quelque chose dans le bombardier. Je ne sais pas comment l'expliquer, il faudra qu'on ait un debriefing avec le colonel Philips une fois qu'on sera de retour au QG. »

Petit sourire malicieux à la Steve, il savait que Peggy adorait ce sourire là, même si elle l'avait toujours bien dissimulé...

« En tout cas désolé d'être en retard, mais personne n'est parfait comme le dit si bien une personne de ma connaissance. »


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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Dim 22 Jan - 20:56

« L'éveil »
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Garder de la distance allait être plus difficile que prévu si il continuait à me regarder comme ça. Bon dieu, qu'est ce que ça me mettait mal à l'aise. Dans d'autres circonstances, j'aurai apprécié l'attention. J'étais une femme après tout. C'était toujours flatteur d'attirer l’intérêt d'un homme et surtout d'un homme tel que Steve. Steve qui était beau à l’intérieur comme à l'extérieur- avant et après le sérum malgré ce qu'il pouvait bien en penser. Simplement, la situation était ce qu'elle était et malgré le soulagement de la savoir en vie, j'avais aussi envie de disparaître. Et cela pour la simple et bonne raison que j'étais porteuses de mauvaises nouvelles. Enfin mauvaises, je supposais que ça dépendait des points de vues. En tout cas, je ne savais pas comment il allait le prendre. Cette incertitude n'aidait ni mon mal être, ni mon angoisse ni même ma peur. Oui, la situation était on ne peut plus merdique. Et puis qu'étais censée faire lorsqu'il me fixait ? Prétendre de ne pas le voir pour qu'il arrête le plus vite possible ? Ce n'était pas très poli ni même très délicat. Je lui devais au moins le fait de le regarder. Surtout que j'imaginais très bien quel était son dernier souvenir de nous. Quelle galère. Pour tenter de dissiper ma gêne et ne pour ne pas la laisser empoisonner l'air ambiant, je raclais ma gorge légèrement. J'étais vraiment nulle pour faire face à ce genre de situations. Je ne savais pas quoi faire ou quoi dire. Je me faisais l'effet d'un robot. En me répétant comme un mantra de laisser mon cœur à la porte j'avais perdu mon naturel et ma spontanéité. Lui ne devait pas comprendre grand chose à mon comportement. Par chance, il ne me connaissait pas assez bien pour déchiffrer toutes les expressions de mon visage. Et puis la nouvelle moi ne ressemblait pas traits pour traits à l'ancienne moi. J'avais ça pour avantage. A moins que cela ne soit un inconvénient ? Après tout, mon ancienne moi avait été bien plus douée pour le mettre à l'aise et lui parler même des choses les plus désagréables. Un sentiment de lassitude s'empara soudainement de moi alors que j'apportais ma main à mon front pour le masser légèrement. C'était bien le premier signe de faiblesse. Et certainement pas le dernier.

Mes yeux bruns se posèrent sur la main qu'il avança dans ma direction avec un sourire. Sans pouvoir m'en empêcher, je déglutissais. Et là je faisais quoi ? J'étais partagée entre écouter ce que mon cœur me criait de faire et ce que ma conscience toujours rationnelle et professionnelle me dictait.  Je me décidais finalement à écouter cette dernière et attrapais le dossier d'une chaise au lieu d'attraper sa main. Je savais que je lui refusais ainsi un moment de réconfort et je me détestais pour cela. Mais je ne pouvais pas. Pour le moment c'était trop dur pour moi. Tout se mélangeait dans mon esprit et j'avais besoin de garder les idées claires. Si je prenais sa main, je sentais que j'allais perdre le cap et ce n'était pas ce que je voulais.  J'aurai pu jurer à voix haute si je le pouvais. Avec un autre raclement de gorge et un soupir, je tirais la chaise jusqu'aux bords de son lit. Je restais tout de même à une distance respectable pour éviter tout contact. Une fois satisfaite de la position de la chaise, je m'assis dessus. Je cherchais un instant mes mots tout en lissant les plis imaginaires de ma jupe. J'eus un léger rire sans joie. Dieu que cette situation était cruelle. Pour lui comme pour moi. Après sa mort j'avais été dévasté. J'avais eu l'impression qu'on m'avait arraché le cœur de la poitrine. L'année qui avait suivi avait été difficile. J'avais perdu d'autres personnes et la blessure de deuil n'avait fait que s’agrandir. Sans compter le fait que j'avais du m'occuper d'Howard et de ses lubies concernant le sérum du super soldat. Je n'arrivais toujours pas à croire qu'il avait gardé un échantillon du sang de Steve sans m'en faire part. Il avait essayé de faire tout ça dans mon dos sans se gêner pour me demander mon aide sur autre chose qui plus est. Il n'y avait pas à dire Howard Stark était sacrément culotté. J'avais beau le savoir, voir à quel point il l'était ne finirait jamais de m'étonner. Je savais que je n'étais pas au bout de mes surprises le concernant. En fondant le SHIELD avec lui c'était comme si j'avais scellé mon destin au sien par un lien de mariage. J'étais de pair avec lui pour le meilleur et pour le pire. J'espérais qu'il y ai plus du premier que du second.

Après quelques secondes de plus, je finissais par relever mon regard vers Steve et plantais l'onyx de mes yeux dans l'océan des siens. « Le cube cosmique ? Je l'ai vu tomber de l'avion après la mort de Schmidt. Est-ce qu'il a… fait des dégâts ? Enfin est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? » me demanda t-il alors que je m’apprêtais à parler pour crever l'abcès. Echec total. «  En lieu sur » lui répondis je sans lui donner de détails. Si cela ne tenait qu'à moi je n'aurais rien dit du tout mais Steve avait été en contact avec le cube et n'allait pas arrêter de poser des questions si je ne lui répondais pas. « J'ai vu quelque chose dans le bombardier. Je ne sais pas comment l'expliquer, il faudra qu'on ait un debriefing avec le colonel Philips une fois qu'on sera de retour au QG. En tout cas désolé d'être en retard, mais personne n'est parfait comme le dit si bien une personne de ma connaissance». J'eus un sourire que je savais être forcé. Je me souvenais avoir dit ça lorsqu'il était revenu d'Azzano après avoir glorieusement sauvé 400 hommes y compris son meilleur ami qui lui par contre était toujours aussi mort. Du moins le pensais je. Je n'étais pas au bout de mes peines. «  Nous sommes en 1947 Steve » lâchais je finalement comme une bombe avant qu'il n'ouvre la bouche pour dire autre chose. Je n'avais pas prévu d'être aussi brusque mais maintenant c'était fait. Plus de retour en arrière possible. La bête était dehors. «  Nous sommes à New York , plus précisément à Brooklyn, en 1947. La guerre est finie depuis deux ans et nous avons gagné » repris je de manière plus douce pour essayer de mieux faire passer la pilule. J'avais de la compassion pour lui et de la tendresse également. J'aimais cet homme après tout. Même encore aujourd'hui. C'est pourquoi malgré le bazar dans mon esprit, je me devais de me montrer plus sympathique. Je chamboulais sa vie alors je lui devais bien ça.



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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Dim 22 Jan - 22:55

Steve Rogers était incapable de discerner ce qui l'agitait après avoir entendu Carter. Il ne savait pas si c'était le soulagement de la guerre finie car victorieuse, ou bien la stupéfaction d'avoir été plongé dans un sommeil de deux ans. Tempête sous un crâne. Comment un être humain peut rester congelé dans la glace pendant 2 ans et en réchapper ? Et c'est alors que les propriétés du sérum d'Erskine lui revinrent en mémoire. Revitalisation des tissus, apport des nutriments, purge de l'organisme face aux cellules néfastes, comme alcool et cie. Le sérum lui avait servit de système de survie contre toute attente. Son inventeur aurait-il pu prévoir une chose pareille ? Erskine lui avait déjà offert une nouvelle vie en acceptant de l'engager et en lui injectant ce sérum. Ça avait été une renaissance lorsqu'il avait émergé de ce sarcophage technologique dans lequel était né le super-soldat. Et une fois de plus Erskine lui avait sauvé la vie et permit de renaître, en survivant aux glaces arctiques au point de s'éveiller dans ce monde d'après-guerre.

« Mais alors si nous avons gagné la guerre, ça veut dire qu'Hitler est hors d'état de nuire ? Qu'est-il advenu de lui ? »

Steve soupçonnait qu'après sa capture, on avait du le remettre aux Russes. Steve ne connaissait pas les chiffres précis mais il se souvenait de rapports datant de 1944. D'après les investigations des services secrets britanniques, les notables du régime hitlérien avaient fait périr plusieurs millions de détenus dans des camps à l'Est. On parlait aussi d'environ 11 millions de slaves mort par famine ou exécution pendant la même période. Rogers se demandait si on avait livré Hitler à l'une des républiques soviétiques d'Ukraine ou de Biélorussie pour son procès. Il se demandait aussi si on l'avait fait fusiller ou si on l'avait expédié dans un camp de prisonnier en Sibérie comme Vorkouta.

Mais la curiosité de Steve à propos de la résolution du conflit lui importa moins que le malaise que semblait éprouver Peggy. Sa première pensée fut : elle porte un deuil. Et il craignit que l'un de ses compagnons Howling commandos ait connu le même sort funeste que Bucky après sa propre disparition en Atlantique Nord.

« Et nos amis ? Ils vont tous… bien ? »

Hasarda-t-il sur un ton assez gêné comme s'il craignait la réponse, sans se douter que c'était de lui qu'elle portait ce deuil inconscient, qui expliquait sa réticence depuis qu'elle était rentrée dans cette pièce. Steve commençait à avoir le vertige. Il se raccrocha à ce qu'il pouvait, il demanda à Peggy sur un ton assez faible :

« J'ai un service à te demander, j'aimerais connaître l'endroit où Bucky a été enterré. Je voudrais aussi savoir ce qu'il est advenu de mon ancien appartement de Brooklyn. Je voudrais savoir également si vous avez conservé mon équipement. Je sais que le bouclier et l'uniforme appartiennent à l'US Army et pas à moi. Mais j'aimerais récupérer...»

Ma boussole

« Je... »

Ma photo de toi

« Enfin je veux dire... »

Ton visage. Il est serein, plaisant et désirable, un regard affectueux. Tu restes toujours contre moi, et c'est à la photo que je le dois.

« ça peu attendre. »

Quand je regarde ta photo

Steve se prit la tête entre les mains. Des réminiscences confuses, Erskine appelait ça : un état de rêve éveillé.

Quand je regarde ta photo Peggy, je suis incapable de répondre à cette question:

Erskine et lui avaient eut de nombreuses conversations aux petites heures de la nuit, avant que ne survienne Captain America. Steve reporta son attention sur Peggy.

Je suis incapable de répondre à cette question :

« Et toi ? Est-ce que tu as été démobilisé ? Qu'est-ce que tu fais désormais ? »

Peggy. Tu étais la seule parmi toutes à m'avoir regardé. Est-ce moi qui t'ai fait apparaître ? Ou est-ce toi qui m'a inventé ?


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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Sam 4 Fév - 22:05

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Une légère grimace s'installa sur les traits de mon visage face à sa mine soudainement déconfite. Il avait beau essayer de faire front et de paraître fort, la nouvelle brutale que je venais d'annoncer avait fait son effet. Je n'avais pas voulu qu'il l’apprenne comme ça. Malheureusement, l'on n'avait pas toujours ce que nous souhaitions. Si tel était le cas, ma vie ne ressemblerait à rien à ce qu'elle était aujourd'hui. Probablement qu'il ne serait jamais mort dans la réalité furtive que j'aurais pu inventer.  Ne sachant qu'ajouter de plus à cela, je restais silencieuse et lui laissais ainsi un moment pour avaler la pilule.  Je me doutais qu'elle allait être difficile à digérer. Une chose était sûre, je n'aurais pas aimé être lui à cet instant présent.  Face à son silence, mes yeux allèrent se poser sur mes mains jointes.  De manière absente, je frottais mes doigts les uns contre les autres. Dire que je me détestais à ce moment précis était loin de la réalité. Je me haïssais. Il méritait tellement mieux que ça. Surtout après tout ce qu'il avait pu vivre. Steve n'avait jamais eu la vie facile et le destin continuait en quelque sorte de s'acharner sur lui. Il avait beau être doté d'une sacrée force de caractère, j'espérais ne  jamais être là pour le voir craquer complètement. J'aurais voulu être capable de poser au moins ma main sur son bras pour lui apporter le réconfort dont il semblait avoir besoin. Pour lui rappeler que j'étais encore là et que tout cela était bien réel. Mais par pudeur je n'en fis rien. C'était me rapprocher un peu trop près d'un précipice dans lequel je n'étais pas prête de tomber. Qui sait ce que cela allait engendrer. J'avais besoin de cette distance pour garder la tête froide. Je me doutais que je n'aidais pas et rajoutais une couche à une situation déjà délicate. J'en étais consciente. Mais je ne pouvais pas faire autrement malgré tout. Je le remerciais secrètement de ne pas m'en tenir rigueur. Peut être le faisait il mais il n'en montrait rien. Son esprit m'était interdit et inconnu. C'était très bien comme ça. Nous avions tous besoin de ce petit coin de paix et de silence où laisser nos pensées se noyer. «   Mais alors si nous avons gagné la guerre, ça veut dire qu'Hitler est hors d'état de nuire ? Qu'est-il advenu de lui ? » me questionna t-il finalement après quelques longues minutes de silence. Sur l'instant, je trouvais la question amusante. Steve était vraiment un homme hors du commun. Sa première pensée allait pour le monde et non pour lui même. C'était un trait de caractère tout à fait admirable. «  Hors d'état de nuire c'est le mot » soufflais je avec un léger sourire. L'expression était bien choisie. «  Il s'est suicidé lorsqu'il a compris qu'il ne pouvait plus gagner et que nous allons lui tomber dessus »  lui appris je en me redressant légèrement contre mon dossier. «  D'un côté, je suis contente de le savoir mort, de l'autre j'aurais aimé qu'il réponde de ses crimes. Mais bon... on ne peut pas tout avoir » continuais je avec un léger ton amère.

« Et nos amis ? Ils vont tous… bien ? ». «  Ils vont bien. Chacun se remet à son rythme. » répondis je. La guerre nous avait pris beaucoup. Les blessures morales e psychologiques dont nous avions été victimes se refermaient petit à petit. Je n'étais pas autant en contact avec eux que je le voudrais mais nous étions tous occupés. Et nous ne résidions pas tous aux Etats-Unis qui plus est. Je faisais cependant mon maximum pour savoir ce qu'il advenait d'eux. «  Dugan a toujours un sens de l'humour douteux » rajoutais je avec un léger sourire pour essayer de détendre un peu l'atmosphère.  La tension qui planait dans la pièce menaçait de nous engloutir tout entier. « J'ai un service à te demander, j'aimerais connaître l'endroit où Bucky a été enterré. Je voudrais aussi savoir ce qu'il est advenu de mon ancien appartement de Brooklyn. Je voudrais savoir également si vous avez conservé mon équipement. Je sais que le bouclier et l'uniforme appartiennent à l'US Army et pas à moi. Mais j'aimerais récupérer... » enchaîna t-il tout à coup dans un souffle. « Enfin je veux dire... ça peu attendre » reprit il avant de laisser tomber sa tête entre ses mains. Sans que je n'ai e temps de me retenir, ma main vint se poser sur son épaule. Une grimace passa furtivement sur mon visage face à ce geste réflexe que je venais d'effectuer. Geste que j'avais mis un point d'honneur à ne pas réaliser jusque là. «  C'est bon Steve, tu peux poser toutes les questions que tu veux » lâchais je après m'être raclé légèrement la gorge.  Mes doigts effectuèrent une légère pression sur sa peau avant que me main ne glisse le long de son bras pour par la suite retrouver mes genoux.  Un petit silence s'installa entre nous. «  Je ne sais pas où il a été enterré mais je me renseignerai. Je suppose cependant qu'il serait plus rapide pour toi de demander à sa famille ». Je n'avais jamais vraiment cherché à savoir ce qu'il était advenu de Barnes après sa mort. J'avais rédigé la lettre de condoléance à sa famille et était passée à autre chose.  Comme beaucoup, je m'étais concentrée sur le futur et le travail qu'il restait encore à faire. Si je me souvenais bien, la lettre était allée chez sa jeune sœur. Je supposais qu'elle avait pris les mesures nécessaires pour son enterrement. Et cela même si elle avait enterré un cercueil vide. Son corps n'avait jamais été retrouvé. Comme pour beaucoup de soldats, sa dernière demeure se trouvait à l'endroit où il avait été tué. Du moins le pensais je. J'étais loin de me douter à quel point j'étais loin de la vérité. «  Il me semble que ton appartement a été repris après... » commençais je sans pouvoir continuer. Je mordillais un instant mes lèvres et repris contenance avec un sourire de façade. « Toutes tes affaire sont dans un box appartenant à Howard. Tu n'as qu'à demander et tout te sera restitué. Les affaires personnelles qu'on a retrouvé sur toi sont dans le tiroir de la table de chevet »  lui indiquais je en montrant l'objet d'un petit signe du menton. «   Et toi ? Est-ce que tu as été démobilisé ? Qu'est-ce que tu fais désormais ? ». «  J'ai continué à travailler avec le SSR dans leurs bureaux à New York puis Los Angeles pendant deux ans avant qu'Howard ne me propose une opportunité difficile à refuser. C'est d'ailleurs en partie pour ça que je suis ici. Avec Stark et une autre personne que tu auras probablement l'occasion de rencontrer, je suis à la tête d'une organisation appelée SHIELD. Pour faire court nous œuvrons pour la paix mondiale sans être affiliés pour autant à l'armée. Nous sommes indépendants. Du moins autant que faire se peut. Je ne te ferai pas l'affront de te demander de venir travailler avec nous maintenant mais sache que nous sommes là et que tu as cette option si jamais elle t'intéresse » expliquais je. «  Je veux que tu saches aussi, que le SHIELD ainsi qu'Howard et moi même à titre personnel, sommes là pour te fournir ce dont tu as besoin. N'hésites pas d'accord ? » terminais je d'une voix plus douce et en perdant un peu de ma froideur professionnelle. Vraiment, il n'y avait pas à dire, je ne savais pas gérer cette situation.



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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Dim 5 Fév - 16:20

Rogers écoutait les paroles réconfortantes de Peggy avec un certain soulagement. Il ne savait dire si c'était sa voix, ou le geste qu'elle avait eut en attardant sa main sur son épaule. Frisson et tremblement. Ça faisait deux ans qu'elle ne l'avait pas touché, mais dans son esprit c'était encore hier. Maudite hibernation. Steve assimilait les nouvelles le visage presque défait. Il avait imaginé que Bucky Barnes aurait pu avoir sa propre stèle funéraire au mémorial d'Arlington. Mais sa sépulture était presque anonyme et son ami était devenu un mort anonyme parmi d'autres. L'idée aussi de la perte définitive de son appartement lui faisait un choc. Non pas qu'il adorait particulièrement l'endroit qui ne brillait pas par son faste ou son confort,  mais à ses yeux ça avait toujours été chez lui. Il avait habité seul dans cet endroit plus de 6 ans et l'assimilait au quartier qu'il avait fait sien : Brooklyn. Quand on habite longtemps dans un lieu, on finit par en faire partie. On comprend donc le déracinement que ressentait Steve. Pendant la guerre, son chez soit, c'était là où il se trouvait : campement en rase campagne, divers QG souterrains dans Londres. Il  avait eut hâte une fois la guerre finit, de retrouver un endroit à lui. Et il devait maintenant se bâtir un nouveau chez soit. Plus agréable était la nouvelle à propos de son uniforme et son bouclier. Pendant tout le conflit, il l'avait endossé avec un certain sens des responsabilités : cet accoutrement avait une signification, l’Amérique. Il en était le symbole pendant le conflit. Il avait le sentiment qu'il ne lui appartenait pas, que s'il mourait au combat, le costume comme le bouclier, et même le titre de Captain America devaient aller à un autre. Que s'il abandonnait son poste de soldat après la guerre, ils devaient être décerné à un nouvel engagé, plus jeune et tout aussi idéaliste. Mais savoir que sa tenue de Captain et son arme fétiche resteraient à lui quoi qu'il advienne, était réconfortant. C'était comme si en pourfendant pour de bon Crâne Rouge et ses sbires en 1945, il avait acquit pour de  bon ce titre. Quand à sa boussole avec la photo de Carter, Steve frissonna lorsque Peggy lui indiqua qu'elle se trouvait juste là dans le tiroir. Il du se faire violence pour ne pas l'ouvrir et prendre l'objet. Une pensée l'envahit : Et si elle avait vue la photo dissimulé dans la boussole pendant mon sommeil ? Steve rougit, confusion et gêne. Appelons ça le béguin pour une certaine britannique. Elle lui évoqua le SHIELD. Steve frémit sous l'appellation : un bouclier ? Il songea : C'est à cause de moi qu'ils ont choisis ce nom là. C'est mon héritage. Ils veulent protéger le monde avec un bouclier comme je le faisais.

« Je réfléchirais à tout ça, il faudra qu'on parle plus avant de ce… SHIELD. Mais je t'avoue que là… Je ne sais pas encore ce que je vais faire. La guerre est finie depuis 2 ans, ce qui veut dire que le monde peut se passer de Captain America. C'est sans doutes aussi bien pour moi. »

Steve s'arracha l'intraveineuse de son bras. Le fait de revoir Peggy l'avait ragaillardi. Il sortit du lit sans trop chanceler, enfin revigoré. Il portait pantalon et T-shirt blanc immaculé. Tenue de service comme pour l'ancienne SSR. Comme ce qu'il portait lorsqu'il avait courut la toute première fois dans Brooklyn, doté de ses nouveaux pouvoirs, à la poursuite de l'assassin d'Erskine. Il avait l'impression que ça remontait à des milliers d'années.

« Si on allait dehors ? Je n'ai pas encore revue le ciel. »

Une fois dans le couloir hospitalier, Steve empoigna un banc à lui tout seul. Pas mal, le super-soldat avait toujours la forme. Il ouvrit une porte et entra dans un jardin destiné aux patient. Deux vieux jouaient aux échecs à une table plus loin. Un autre vieux était poussé en chaise roulante par une religieuse. Steve déposa le banc au bord de la pelouse et invita Peggy à s’asseoir, façon très gentleman. Une autre religieuse passa près d'eux. Elle aperçut Steve qui était toujours pieds nus et fronça les sourcils. Steve s'assit. L'air était humide. La buée apparut déjà sur le bois de leur banc. On pouvait gribouiller du bout des doigts sur les lattes humides. Steve s'amusa à dessiner une étoile. Il dessina un rond autour. Ça ressemblait à son bouclier. En songeant à l'attitude distante de Peggy depuis qu'il avait rouvert les yeux, une ampoule s'alluma aussitôt dans sa tête : elle ne t'aime plus. Elle a refait sa vie. Tu croyais quoi ? Deux ans sont passé et tu étais mort. Il posa quand même la question.

« Et sinon, est-ce que tu as... »

Il tenta de parler, sa gorge s'obstrua. Il dessina un coeur du doigt sur le banc. Gêné, il ajouta un « ? » à côté. Confus il s'empressa d'effacer le cœur.

« Pardon, c'est ta vie privée, ça ne me regarde pas. »

Au loin une infirmière passa et l'aperçut, elle lui adressa un coucou amoureux en gloussant. Steve ne la vit même pas, il pensait à Howard et fut prit d'un picotement. Lui et Peggy, eux et leurs fondues. Elle n'était quand même pas tombé sous son charme pour se consoler de sa disparition ? Steve manqua de lui poser directement la question mais se reprit. Le genre de truc qui risquait d'échauder Carter. Il préféra avancer prudemment :

« Et Howard ? Il est toujours aussi… euh… »

Steve dessina plusieurs « ! » sur le banc.


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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Dim 5 Fév - 20:50

« L'éveil »
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«  Je réfléchirais à tout ça, il faudra qu'on parle plus avant de ce… SHIELD. Mais je t'avoue que là… Je ne sais pas encore ce que je vais faire. La guerre est finie depuis 2 ans, ce qui veut dire que le monde peut se passer de Captain America. C'est sans doutes aussi bien pour moi ». Peu surprise par sa réponse je me contentais de hocher positivement la tête lui signifiant ainsi que je comprenais. C'était tout à fait la réponse à laquelle je m'étais attendue. Steve venait de se réveiller après deux ans d'absence. Il allait lui falloir plus que quelques minutes pour avaler la nouvelle dans un premier temps et en comprendre véritablement les conséquences. Sa vie avait bien des fois changée et elle allait à nouveau le faire. Par chance, il n'avait été absent que deux ans. Je n'osais imaginer la difficulté qu'avait eu son ancien lui en se réveillant plus de soixante dix ans plus tard. Le choc avait du être de taille. Cette réalité était cependant effacée. Du moins le comprenais je ainsi. Je n'étais pas experte mais c'était logique pour moi de cette façon.  Bien entendu, il aurait pu me surprendre et me dire oui tout de suite. Au final, cet empressement n'aurait fait que m'inquiéter. Il était temps pour lui de prendre un peu de recul et de retourner à la vie civile. Au moins pour un moment. Cela lui permettrait de voir plus clair et de réfléchir à ce qu'il voulait vraiment faire dans la vie. Pour beaucoup servir leur pays n'avait été qu'une obligation ou une envie du monde. L'époque dans laquelle nous avions vécu avait rendu le choix facile. Mais ce n'était qu'une étape dans leur vie. Un moment qui appartenait maintenant au passé. Etre militaire, espion ou membre des forces de l'ordre n'était pas une vocation pour tout le monde. Steve, depuis que je le connaissais, avait toujours voulu servir. Néanmoins, je l'avais rencontré pendant la guerre. J'étais curieuse de savoir ce qu'il voulait faire de sa vie à présent que la guerre était finie. Pour être honnête, je ne connaissais pas grand chose de lui, de sa vie d'avant guerre et de ses ambitions. J'étais tombée amoureuse d'un homme qui au final était un inconnu pour moi sur bien des points. Je devais avouer que quelque part c'était assez triste mais également propre à la situation dans laquelle nous nous étions trouvé. La guerre favorisait toute sorte de rapprochements éclairs. Les sentiments avaient été décuplés. Tout était allé très vite car le lendemain avait été plus qu'incertain. Il l'était toujours en soit mais il n'y avait pas dans nos vies d'aujourd'hui le même désespoir. Nous pouvions tous mourir à tout moment. Mais dans la guerre, cette hypothèse devenait une réalité parfois pressante.


Mes sourcils se froncèrent de manière réprobatrice lorsqu'il se débarrassa de son intraveineuse. Je n'étais pas certaine que cela soit une bonne idée.  Je ne dis cependant rien et acquiesçais lorsqu'il me parla d'aller au dehors. Je comprenais l'envie moi qui était enfermée toute la journée. Je supposais néanmoins que pour lui, respirer l'air frais et sentir le soleil sur sa peau relevait plus de la nécessité. Je me levais à sa suite prête à le rattraper si jamais ses jambes ne pouvaient le porter. Nous aurions certainement fini tous les deux au sol mais c'était l'attention qui comptait n'est ce pas ? Un de mes sourcils parfaitement dessinés se leva lorsqu'il empoigna un des bancs dans le couloir.  Je secouais ma tête légèrement sans cesser de le suivre.  Je le laissais choisir l'endroit où il voulait se poser et m'assis sur le banc une fois que celui-ci ait retrouvé la terre ferme.  Prise d'un frisson, je refermais un peu plus les pans de ma veste sur mon buste. L'air s'était quelque peu rafraîchit cette dernière semaine. Et ce n'était pas pour me plaire. Je n'aimais pas la chaleur ni le froid. Mais ce que je détestais pas dessus tout était l'humidité. Étonnant pour quelqu'un qui avait grandi et vécu la plupart de sa vie en Angleterre. L'humidité régnait en maître là bas.  Ne sachant quoi lui dire, je restais silencieuse. Mes yeux se portèrent naturellement sur les autres personnes présentes dans mon entourage. Ainsi, je passais de la partie d'échec aux infirmières et ainsi de suite. Mes yeux bruns finirent par se poser sur les mouvements de Steve. Avec un léger sourire, je le regardais dessiner le symbole de son bouclier. Cela ne m'étonna aucunement vu que je l'avais déjà pris sur le fait. «  Et sinon, est-ce que tu as... » commença t-il après un instant. Je levais un sourcil face à la question et l'arrêt qu'il marqua.  La fin pouvait aller dans bien des directions. Néanmoins, je savais où il venait en venir. Le petit cœur qu'il traça de son doigt par pure timidité ne fit que confirmer mes suspicions. Malgré moi, je lâchais un léger rire. Le geste ne collait pas avec l'image que l'on pouvait se faire de Captain America. Ce dernier était cependant mort. Il ne restait donc plus que Steve Rogers. Et Steve Rogers était pour le moment une énigme. L'amusement que je ressentais ne réussis pas, cependant, à chasser la boule qui venait de s'installer dans mon estomac. Je ne savais pas comment répondre à cette question. Je pouvais être honnête bien sur. D'un autre côté, je ne voulais pas qu'il prenne ça comme une invitation.  La vérité était que je ne savais pas ce que je voulais. Tout cela me faisait souffrir plus que je ne voulais bien l'admettre. Et puis comment avouer alors que j'avais pris le parti de me cacher que je n'avais personne parce qu'il occupait toujours une place importante dans mon cœur ? Ce n'était pas le genre de conversation que j'avais envie d'avoir. Pas maintenant, pas aujourd’hui. Je n'étais pas prête.  «  Pardon, c'est ta vie privée, ça ne me regarde pas » souffla t-il finalement en me donnant l'échappatoire parfait. Je lui souris simplement et n'offrit aucune information. «  Toujours incapable de parler aux femmes à ce que je vois » fis je simplement remarqué sans aucune méchanceté.  Cela me renvoya immédiatement à ce moment privilégié dans un taxi new yorkais. Peut pas la meilleure chose à faire. « Et Howard ? Il est toujours aussi… euh… ». «  Oh Howard est toujours fidèle à lui même. Il n'a pas changé du tout. Toujours aussi blagueur et volage avec un brin de sérieux lorsque la situation le demande. Autant dire que je suis l'adulte de notre duo » répondis je avec un petit sourire en coin. «  Il y a des choses qui ne changent pas » offris je enfin en espérant que cela nous offre un peu de réconfort. «  Il a hâte de te voir.... réveillé » lui signalais je par la suite. Howard avait été la première personne à rentrer en contact avec Steve dans son état d'inconscience. Mais nous avions jugé préférable de m'envoyer lui annoncer la nouvelle. Au final, j'étais persuadée qu'Howard se serait montré moins brusque que moi...Ou peut être pas. Rien n'était moins sur.



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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Lun 13 Fév - 10:22

Steve resta comme presque rêveur un instant. Le fait qu'elle ait parlé d'Howard lui fit ressurgir quelques bons souvenirs dans ses pensées. Howard, la guerre, les howling commandos. Le richissime génie qui lui dit : ne croyez pas savoir comment pensent les femmes mon vieux, sinon vous êtes foutu. Il avait tout à coup envie de parler au milliardaire pour se remémorer le bon vieux temps, et redonner un peu de normalité à cette situation qui était déstabilisante, depuis que Rogers avait rouvert les yeux en 1947. Une religieuse passa devant leur banc et lui désigna ses jambes avec un regard sévère : jeune homme, vous êtes pieds nues ! Une cloche qui sonne plus loin. Les deux vieux qui abandonnent leur partie d'échec, un type sur ses béquilles qui les suit, un autre qui se fait pousser son fauteuil roulant à leur suite. Une infirmière vint pour annoncer timidement à Steve :

« Captain Rogers, c'est l'heure du déjeuner, vous voulez manger quelque chose ? »

Ils rejoignirent la cantine de l'hôpital. La salle était bondée. Toutes les tables étaient occupées. Steve leur trouva une table pour lui et Peggy. Il la regarda en silence, plongé dans ses rêvasseries amoureuses. Comment lui proposer un vrai dîner à deux dans les jours qui allaient suivre ? Pour tenter de renouer avec elle. Ce moment de calme de la part de Rogers fit décroître le brouhaha. Les pensionnaires de l'hôpital commencèrent à les regarder. Eh ! Ce n'est pas le Captain America ? La salle était vraiment calme à présent, les gens se contentaient de tourner la tête dans leur direction. Steve toucha son verre d'eau avec nervosité.

« Et sinon en dehors des heures de travail, est-ce que tu… ? »

Steve ne savait pas où poser ses mains sur la table. Bon sang, pourquoi être nerveux ? Tu l'as bien embrassé en 1945, ne soit plus intimidé.

« ...as des loisirs ? Des passe-temps ? »

Steve sentit autours d'eux cligner un million de paupières. Ils étaient sans doutes en train de se demander : c'est qui cette jolie femme à qui il parle ? Steve jeta un coup d'oeil circulaire à l'assemblée. Avoir un public rendait les choses encore plus difficile. Un infirmier vint lui apporter un plateau repas. Plus loin deux infirmières les pointaient du doigt. Steve réussit à capter leur conversation : un dollar qu'il va parvenir à l'embrasser. Moi si j'étais elle, je me laisserais faire…

« Moi avant la guerre, je faisais partis d'un club de ragtime. Non ne souris pas ! Je ne sais pas très bien chanter, c'est pour ça que je chantais en groupe et pas tout seul. »

Anecdote consistante 4/10. Intérêt de la conversation 2/10. Glamour pour un flirt 0/10. Steve songea que l'ensemble de ses notes ne lui donnerait pas le passage pour un numéro de charme digne de ce nom pour séduire la belle. Il ne tenait pas en place. Il poussa son assiette. Il se retint de saisir doucement la main de Peggy pour lui dire quelque chose d'affectueux.

« Est-ce que… tu as pensé à moi pendant que je… je n'étais plus là ? »

Steve referma sa main sur son verre d'eau. La main de Peggy était tout près. Il avait envie de la toucher. Il ôta sa main. Des gens les regardaient, un gros médecin et un grand échalas d'infirmier les contemplaient carrément bouche bée. Steve pouvait lire dans leurs pensées : mais dit lui quelque chose espèce d'abruti ! Avoue ta flamme ! Steve regarda ses mains. Elles tressaillirent et firent tourner son verre d'eau.

« Tu te souviens quand…

tu m'as embrassé avant que je ne disparaisse dans cet avion

...je t'ai proposé qu'on aille danser un soir. »

Steve retira encore ses mains. Un type en chaise roulante secoua tristement la tête : mais quel sous-doué avec les femmes ! Steve jeta un regard circulaire à la salle. Cette satanée cantine tout entière regardait dans leur direction. Steve repoussa son assiette.

« Je crois que je n'ai plus faim là... »

Sa main toucha accidentellement celle de Peggy, il frissonna et retira sa main aussitôt comme un écolier prit sur le fait.


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MessageSujet: Re: L'éveil (Peggy Carter)   Lun 13 Fév - 22:18

« L'éveil »
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Le regard réprobateur de l'infirmière se posa sur moi une fois qu'elle eut finit de dévisager Steve pour son manque de chaussures. Je soutins le tout sans sourciller. Si elle voulait m’impressionner, elle allait devoir faire mieux que ça. Et puis Steve était un grand garçon. Il pouvait très bien se débrouiller. Et puis avec le sérum coulant dans ses veines, être pied nu n'avait pas l'air de le déranger plus que ça. Je savais qu'il ne sentait pas la douceur des températures extérieures. Une autre jeune femme se pointa face à nous, coupant définitivement court à toute tentative de conversation pour le moment. Avec un sourire, je suivis Steve vers le réfectoire. Le brouhaha d'une salle trop remplie agressa directement mes oreilles. J'avais connu pire mais depuis que je vivais seule, je m'étais habituée à un certain silence. Silence qui était alors devenu signe de confort. Je savais cependant que j'allais m'y faire rapidement. Cela ne valait en rien le messe en période pleine après tout. Là le bruit prenait définitivement un sens nouveau. Avec une certaine aise, je déambulais entre les tables et évitais béquilles et roues de fauteuils. Je préférais ne pas être responsable d'un œil crevé par mégarde. J'arrivais rapidement à la table qu'il avait déniché et tirais la chaise vers moi pour m'y installer. Contrairement à lui, je n'étais pas là pour me restaurer. Premièrement, je n'avais pas le droit à un tel traitement de faveur même en étant Peggy Carter et en étant directrice du SHIELD. Et deuxièmement, je n'avais aucunement envie de cette faveur. La nourriture d’hôpital... vraiment très peu pour moi. Ce genre d'endroit n'était pas connu pour son menu gourmet et étoilé. Et c'était peu de le dire. Même la chose la plus banale devenait difficilement mangeable. Il n'y avait qu'à voir la tête de la pomme de terre posée tristement dans l'assiette de mon voisin de droite pour s'en convaincre.

Mon regard embrassa l'ensemble de la pièce lorsque les situations se dissipèrent peu à peu. J'haussais les sourcils lorsque je croisais les yeux de plus d'un résidents. La popularité de Captai America n'avait pas pris de coup dans l'aile. «  Et sinon en dehors des heures de travail, est-ce que tu...as des loisirs ? Des passe-temps ? »  me demanda t-il alors que je me forçais à me concentrer sur lui. Je n'étais pas du genre à me laisser intimidée mais je devais avouer que je n'aimais pas non plus être le centre de toutes les attentions. Et il n'y avait rien d'étonnant à cela. Malgré ce que les gens pouvaient en penser, je travaillais beaucoup mieux dans l'ombre. Bien pour ça que j'avais travaillé avec le SSR où tout était plus ou moins secret et mystérieux pour le grand public. «  Pas vraiment non. J'ai pas beaucoup de temps à … moi » soufflais je à voix basse avec une certaine gêne. S'avouer qu'à part le travail, on ne faisait rien d'autre était une chose. L'avouer à une autre personne en était une autre. Je ne m'étais jamais rendue compte à quel point cela pouvait paraître triste. Et inintéressant aussi. Mon travail me prenait cependant 90% de mon temps. Les 10% restant je les passais à veiller sur Howard,  à dormir ou à essayer de caler une heure ou deux pour parler de tout et de rien avec Jarvis ou Angie. Et c'était sans compter sur les aventures de dernière minutes dans lesquelles j'avais pris l'habitude d'embarquer mon cher ami majordome. Majordome qui ne se faisait pas prier pour participer de manière enthousiaste. En conclusion, je n'arrêtais jamais de travailler. «  Que veux tu, je suis un bourreau de travail. Personne ne me décolle de mes dossiers » m'amusais je doucement pour dissiper le malaise que je ressentais sur l'instant. Autant dire que les milles et uns regards sur ma nuque ne m'aidaient aucunement. Cela ne faisait que me tendre un peu plus. « Moi avant la guerre, je faisais partis d'un club de ragtime. Non ne souris pas ! Je ne sais pas très bien chanter, c'est pour ça que je chantais en groupe et pas tout seul ». «  Oh je ne juge pas » répondis je avec un sourire malgré tout amusé. Pas vraiment le genre de confidences à laquelle je m'attendais. Je ne l'imaginais pas du tout dans ce genre de groupe. «  Tu ne faisais pas du dessin ? » questionnais je en me rappelant des croquis que j'avais entraperçu pendant la guerre. Mon dieu, comme cela me semblait loin à présent.

« Est-ce que… tu as pensé à moi pendant que je… je n'étais plus là ? » lâcha t-il en changeant encore une fois le ton de la conversation. Je ne pouvais pas dire que je ne l'avais pas vu venir celle là. Indéniablement la question me ramenait à tout ce que je mettais promis en venant ici. A la distance que j'avais de moi même instauré pour me laisser de l'espace. A nouveau, je me retrouvais face à ce mur invisible. A nouveau, je ne savais que dire et que faire.  Tout cela me mettait mal à l'aise. A tel point que je lui en voulais presque d'avoir posé la question. Et même si j'essayais au mieux de cacher le tumulte qui m'habitais, le pincement de mes dents sur ma lèvre inférieure me trahissait. A défaut de savoir quoi dire, je restais silencieuse. Je le laissais en penser ce qu'il voulait. Dans l'intimité de mon esprit, je répondis cependant à sa question. Oui j'avais pensé à lui. Tous les jours. J'avais appris à vivre avec son absence et avec le si qui persistait dans mon esprit face aux possibilités qui auraient pu s'ouvrir à nous. « Tu te souviens quand...je t'ai proposé qu'on aille danser un soir » continua t-il sur le même ton. Je fermais un bref instant les yeux en signe de faiblesse et déglutissais de manière la plus inaudible possible. Pas ça, pas maintenant, pas devant tous ses gens.  Ces gens qui ne se gênaient pas le moins du monde pour nous observer sans se cacher. A croire que la politesse n'existait plus entre les quatre murs de cet endroit. « Je crois que je n'ai plus faim là... ». «  Cette patate avait pourtant l'air délicieuse » soufflais je dans une tentative d'humour qui évidemment n'eut aucun effet. «  Viens, on va te trouver quelque chose d'autre à te mettre sous la dent pendant que nos amis ici présent se contentent de leurs tristes repas en signe de punition pour leur curiosité vraiment très mal placée » lançais je en me levant, d'une voix plus haute en arrivant sur la fin. Mes yeux bruns balayèrent la salle. Mon audience eut la décence de paraître gênée. Un peu tard pour ça mes amis. Leur insolence ne serait pas récompensée.



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L'éveil (Peggy Carter)

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